UA-72462198-1

17/01/2015

EN MARGE DES EVENEMENTS - CHARLIE HEBDO.


BORIS CYRULNIK

09/01/2015

HUMOUR : Toute ressemblance avec un système de gouvernement ...

HISTOIRE DE NOS "DEMOCRATIES"!

 EXCELLENT !


https://www.youtube.com/watch?v=_vRa-NwKqdE

11/12/2014

COMMENT SORTIR DE LA CRISE : L'EXEMPLE DE L'EQUATEUR

Magnifique conférence de Rafael Correa expliquant comment ils ont sorti l'Equateur de la crise et comment l'Europe pourrait faire de même en appliquant la politique contraire à ce qu'elle applique en ce moment. Exposé clair, compréhensible même pour des non initiés : A VOIR!
Sous-titres français
Première partie

http://youtu.be/lsLTQUka1dE?list=UUGUX2I4YHRhhSOBKFR4TdMA

05/10/2014

HAÏTI : 4/10/2014 - DUVALIER EST MORT SANS REPONDRE POUR SES CRIMES

HAÏTI DOCUMENTAIRE


29/01/2014

LA CRISE, LA DETTE ... CRISIS, DEUDA VIDEO

Intervention de Rafael Correa, président d'Equateur au sommet de Cadiz (Espagne) 


Le problème de la dette est une question de choix politique, pas une fatalité. Les politiques adoptées par l'Europe ne feront qu'aggraver la situation. L'Equateur a connu cette situation avant nous, a appliqué les mêmes politiques le résultat a été désastreux.

Vidéo à voir : avec sous-titres français

 

Et pour ceux qui comprennent l'espagnol, magnifique conférence qui éclaire sur le système que nous subissons et ouvre des alternatives

Y para los que entienden español, magnífica conferencia que explica el tipo de sistema en el que vivimos y abre alternativas, un curso de economia que se entiende muy bien. 


 

L'EXEMPLE DE L'EQUATEUR : Comment l’Equateur s’est libéré de la dette

La dette et la soumission des Etats aux banques qu'elle entraîne n'ont rien d'une fatalité. Plusieurs peuples latino-américains s'en sont affranchis avec succès. C'est notamment le cas de l'Argentine, du Venezuela et de l'Equateur. Nous expliquons ici comment le gouvernement Correa s'y est pris en Equateur pour faire passer la dette de 24 % à 11 % du PIB sans faire payer le peuple.

I. Lien entre l'arrivée au pouvoir de Correa et la lutte contre la dette illégitime

Pour comprendre la dynamique de l'audit intégral de la dette publique en Équateur, il faut revenir sur le poids qui représentait le service de la dette dans l'économie équatorienne et sur le rôle important que la lutte contre cette dette illégitime a joué dans l'arrivée de Correa au pouvoir.

a) La dette Publique en Équateur avant l'audit

La dette publique contractée par les dictatures des années 70 en Équateur (1976-1979) n'a pas cessé de s'accroitre entre 1970 et 2007. Pendant cette période, l'État équatorien a remboursé 172 fois le montant de la dette de 1970 1 mais le volume de cette dette a été multiplié par 53.

Un exemple qui montre l'ampleur du transfert de fonds publics équatoriens vers le système financier privé : entre 1990 et 2007, la Banque Mondiale (à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement – BIRD) a prêté 1,44 Milliards de US$ à l'Équateur alors que celui-ci lui a remboursé 2,51 Milliards de US$ (transfert net donc d'environ1,07 Milliards de dollars uniquement avec la Banque Mondiale).

Depuis les années 80 et jusqu'en 2005, le service de la dette représentait environ le 50% du budget de l'état (entre 3 et 4 milliards de US$ par an) alors que les dépenses en santé étaient d'environ 4% (autour de 400 millions de US$)2.

Comme en Grèce, la dette a été l'outil du FMI mais aussi de la Banque Mondiale pour imposer les plans d'austérité, les privatisations et les reformes structurelles (qui sont allées jusqu'à modifier la constitution équatorienne à plusieurs reprises). Cela prenait à chaque fois la forme de « lettres d'intention » (sorte de contrat qui fixait la feuille de route des reformes à mettre en place) que l'Équateur signait pour avoir accès à des prêts auprès de ces deux organismes au fur et à mesure que les mesure prévues dans celles-ci devenait effectives.

Évidemment cela a impliqué une énorme instabilité politique liée aux forts mouvements sociaux du pays, le peuple ne voulant pas accepter les différents plans austérité qui se succédaient sans fin, ainsi entre 1997 et 2007 l'Equateur a connu 7 présidents différents (trois renversés par des manifestation populaires: Abdala Bucaram, Jamil Mahauad et Lucio Gutierrez).

A chaque moment de instabilité, le FMI et la Banque Mondiale en profitaient pour restructurer la dette : à plusieurs reprises, la restructuration de la dette s'est faite en souscrivant un nouvel emprunt couvrant la totalité de l'ancienne dette, ce nouvel emprunt ayant des clauses et des conditions chaque fois plus difficiles à assumer par l'Équateur (cf ANNEXE I. Histoire de la construction de la dette équatorienne). Profitant ainsi faire signer des nouvelles lettres d'intention (les prix sur le marché secondaire des titres de la dette baissaient à cause de la instabilité politique).

b) L'arrivée au pouvoir de Correa et le lien à la lutte contre la dette

Suite au soulèvement populaire qui a mené à la destitution de Président Lucio Gutiérrez (auto-proclamé le meilleur allié de Bush!!), le 20 avril 2005, un gouvernement de transition se met en place, le vice-président de l'époque, Alfredo Palacio devient alors le nouveau Président de l'Équateur. Rafael Correa est nommé alors Ministre d'économie et des finances.

Très vite il va critiquer les projets de Traité de Libre Commerce (TLC), mais surtout il décide de s'attaquer au FEIREP (Fondo de Estabilización, Inversión y Reducción del Endeudamiento Público – Fond de Stabilisation, Investissement et Réduction de l'Endettement Public). Il s'agit d'un fond mis en place en 2002, sous la pression du FMI, par la « Loi organique de Responsabilité, Stabilisation et Transparence Fiscale ».

Ce fond, destiné à gérer les revenus issus de l'exploitation du pétrole (axe principal de l'économie équatorienne) stipulait que le 70% des revenus pétroliers devaient être destinés au service de la dette publique (paiement de la dette et achat/vente des titres pour maintenir un prix élevé de ceux-ci), 20% devait servir à la stabilisation du prix du pétrole et 10% devait être destiné à l'investissement social.

Correa veut faire changer la loi et mettre 80% des revenus pétroliers au service de l'investissement social (éducation, santé, création d'emplois…) et uniquement 20% au service du paiement de la dette. La Banque Mondiale menace alors de ne plus prêter de l'argent à l'Équateur si une telle loi était votée.

N'ayant pas le soutien du président Palacio, Rafael Correa a préféré démissionner (il n'est resté que quatre mois au gouvernement) que se plier à la Banque Mondiale. Ceci devient le premier pas de la marche qui le mènera jusqu'à la présidence de la République.

II. La Commission pour l'Audit Integral de la dette Publique (CAIC – Comision para la Auditoria Integral del Crédito Publico)

Correa prend ses fonctions le 15 janvier 2007. Il réduit tout de suite le poids du service de la dette dans le budget de l'État à 25% (il était de 47% en 2006). 3 Le 9 jullet 2007, Rafael Corea crée par un décret présidentiel, la Commission pour l'Audit Intégral de l'Endettement Public (Comisión para la Auditoría Integral del Crédito Público –CAIC ).

La définition de l' « Audit Intégral » dans ce décret est la suivante:

« Action fiscale orienté vers l'examen et l'évaluation du processus de contractualisation et/ou renégociation de la dette publique, l'usage de ces ressources et l'exécution des programmes et projets avec financement externe, avec le but de déterminer sa légitimité, transparence, qualité, efficacité, efficience, considérant les aspects légaux, économiques, sociaux, de genre, régionaux, écologiques et des nationalités et peuples ».

La commission était conformée par 12 membres issus des mouvements sociaux et des ONG équatoriens et 6 membres issus de campagnes internationales pour l'annulation de la dette du tiers-monde et 4 représentants de l'État (Ministère de « Hacienda », Tribunal des Comptes, Commission anti-corruption et l'administration fiscale).

Cette commission s'est réunie pour la première fois le 23 juillet 2007 et elle a rendu son rapport final au président Correa le 23 septembre 2008 et au public le 20 novembre 2008. L'assemblée constituante, qui se réunit à partir du 30 septembre 2007 travaillera de très près avec la CAIC (Alberto Acosta, présidente de l'assemblée constituante état l'ancien leader du mouvement pour l'annulation de la dette), ce qui aboutira à la rédaction de plusieurs clauses sur la dette publique dans la nouvelle constitution (cf annexe II).

L’audit équatorienne a commencé par une enquête sur tous les documents concernant les obligations émises par l’Etat («contrat d’obligations», «contrat d'agence», «contrat de garantie", les fichiers joints, les conditions…).

Cette analyse a mis en lumière de nombreuses clauses illégitimes :

Anticipation des échéances pour la totalité des remboursements de la dette en cas de défaut de paiement
Révocation de la souveraineté
Contrainte du Procureur général à signer dans le sens de la demande des créanciers
Contrats empiétant sur les lois et la Constitution du pays
Déclaration dans laquelle les parties affirment que le contrat ne viole aucune loi du pays, et qu’en cas d’illégitimité, il ne peut pas être contesté

De plus, en procédant à des simulations de paiement sans intérêt, cet audit a explicité les mécanismes qui génèrent la dette publique.

D’autre part, l’audit de la dette a dévoilé instrumentalisation juridique de la nation au profit des banques privées.

Ainsi la loi de « responsabilité fiscale » avait permis de donner le privilège du paiement de la dette publique avant toute autre dépense publique, limitant ainsi toute dépense sociale et ne fixant aucune limite pour le cout de la politique monétaire. »

Le rapport de la commission juge que la totalité de la dette commerciale de l'Équateur est illégale et/ou illégitime. Ainsi, à partir de novembre 2008 Rafel Correa suspend le paiement d'une grande partie de la dette (il se déclare en « default », c'est à dire moratoire pour tous les bonds Global 2012 et Global 2030 qui représentent le 85% de sa dette commerciale).
Au total, Le gouvernement équatorien refuse de payer le 70% des bonds de la dette équatorienne, jugés illégitimes. Leur valeur va alors chuter d'environ 80% dans le marché secondaire. L'équateur va alors utiliser 800 millions de US$ pour acheter des bonds pour 3 Milliards de sa propre dette (cela signifie pour le pays une économie totale de 7 Milliards de US$).

En 2006, la dette publique externe était de 10,2 Milliards de US$ et représentait le 24% du PIB. En mars 2010 son montant était de 8,68 Milliards de US$, ce qui représentait le 15% du PIB. Selon, Piedad Mancero, économiste membre de la CAIC, les prévisions pour le service de la dette en 2011 seraient de 11,7% du budget de l'État (le budget 2011 est 23,9 Milliards de US$).

Aujourd'hui l'Équateur n'a plus recours au marché international de la dette dont les agences de notation lui ont coupé l'accès. C'est pour cette raison que l'Équateur est un des moteurs principaux de la Banque du Sud et la nouvelle architecture financière qu'elle propose. La construction d'une nouvelle intégration Régionale Latino-américaine est la seule perspective possible pour que l'Équateur ne voit pas revenir les dangers de l'endettement à nouveau.


1 Dette publique extérieure en 70: 195 Millions US$ – Source: Banque Mondiale (Global Development Finance 2007)
2 Dette publique externe en 3 juillet 2007: 10,4 Milliards US$ – Source Ministère Économie et Finances Équatorien, Willian Hugo Arias Palácios, coordinateur de l'Audit sur a dette Commerciale de l'Equateur (dans film documentaire « Debtocracy »)
3 Rapport de la Commission pour l'Audit Integral de la Dette Publique (CAIC)

http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/comment-lequateur-sest-libere-de-la-dette/

 

04/12/2013

MEDIALIBRECINE : Présentation



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08/10/2013

SANTIAGO DE CUBA - CARLOS HABRÉ

Français
Un groupe de gantois va régulièrement à Cuba pour apporter son aide à des projets de santé publique. Cette année 2014 ils étaient à Santiago de Cuba pour rénover un hôpital qui avait été déterioré par le cyclone Sandy en 2012.

Español
Un grupo de Gante va a Cuba para ayudar en los proyectos de salud pública. Este año estaban en Santiago de Cuba para renovar un hospital que había sido deteriorada por el huracán Sandy en octubre del 2012.

Neederlands 
Een groep van Gent gaat regelmatig naar Cuba om te helpen met de volksgezondheid projecten. Dit jaar waren ze in 2014 in Santiago de Cuba naar een ziekenhuis dat was verslechterd door de orkaan Sandy in 2012 te renoveren.


05/03/2013

JOURNAL / INFORMATION

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https://www.upr.fr/actualite/monde/guardian-pentagone-surveillance-mouvements-sociaux

Un article paru dans le journal britannique « The guardian » :

le Pentagone se prépare à une rupture civile de masse

 Le journal The Guardian – plutôt classé à gauche sur l’échiquier politique britannique – s’est fait une spécialité, depuis maintenant plusieurs années, d’ouvrir ses colonnes et son site Internet à ce qu’il est convenu d’appeler des whistleblower (traduit approximativement par « lanceurs d’alerte » en français). C’est-à-dire à des citoyens ordinaires (fonctionnaires, chercheurs, universitaires,…), qui décident d’informer le grand public d’un danger ou de dérives dangereuses ou criminelles qu’ils ont pu constater dans leur métier, en interpellant les pouvoirs en place et en suscitant la prise de conscience de leurs contemporains.

Parmi les affaires les plus récentes, The Guardian a par exemple été l’un des principaux médias dans le monde à donner en 2013 la plus large couverture possible à Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de la NSA, qui a rendu public les programmes de surveillance de masse de la NSA.

S’inscrivant dans cette ligne éditoriale, The Guardian a publié voici quelques jours – le 12 juin 2014 sur son site Internet – un long article de Nafeez Ahmed, universitaire et journaliste spécialiste de la sécurité internationale.

Cet article révèle au grand public l’existence d’un programme – « l’initiative de recherche Minerva » – lancé par le ministère américain de la Défense, qui consiste à mettre les sciences sociales et les recherches anthropologiques au service opérationnel des militaires américains.

Parmi les objectifs clairement annoncés figure celui d’amener l’armée américaine à étudier la façon dont apparaissent les mouvements de protestation populaire (impliquant plus de 1 000 participants en activité de façon durable) dans 58 pays (dont les États-Unis eux-mêmes), et de la préparer à neutraliser ces mouvements. L’un des programmes de recherche a ainsi organisé des exercices militaires dans lesquels les participants étaient chargés de repérer ceux qui ‘‘causaient les problèmes’’, ceux qui ‘‘résolvaient les problèmes’’ et le reste de la population. L’objectif opérationnel était de définir une campagne « d’informations » « permettant de déplacer le centre de gravité de l’opinion vers cet ensemble de valeurs et de points de vue qui constituait ‘‘l’état final désiré’’ de la stratégie de l’armée.»

Il ne s’agit pas de suppositions « conspirationnistes », mais de faits établis. Et il ne s’agit pas d’opérations anecdotiques. L’initiative de recherche Minerva doit bénéficier de 75 millions de dollars sur cinq ans et a bénéficié pour cette seule année d’une dotation de 17,8 millions de dollars votée par le Congrès américain. Pour mémoire, le budget alloué par le Congrès à la Commission d’enquête sur le 11 septembre a été de 14 millions de dollars. 

Autant dire que cet article est très intéressant et qu’il me semble devoir être largement diffusé en France.

Je remercie le service de traduction de l’UPR (Elisabeth McCormick) pour avoir traduit en français cet article dont la version originale en anglais peut être consultée ici :http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/12/pentagon-mass-civil-breakdown?CMP=twt

Le pentagone se prépare à une rupture civile de masse

Les sciences sociales se militarisent afin de développer des « outils opérationnels » visant à cibler des militants pacifiques et des mouvements de protestation.

publié par Nafeez Ahmed le 12 juin 2014

le-pentagone.jpg

 

Le Pentagone finance des recherches en sciences sociales dans le but de modéliser les risques de « contagion sociale » qui pourraient compromettre les intérêts stratégiques américains. Photographe : Jason Reed/REUTERS

Le Département de la Défense américain (DoD) finance un programme de recherche universitaire dont le but est de modéliser la dynamique, les risques et les points de basculement de troubles civils à grande échelle à travers le monde, sous la supervision de diverses agences militaires américaines. Ce programme de plusieurs millions de dollars est conçu pour élaborer des « éclairages pertinents pour les combattants » à court et à long terme, destinés aux hauts fonctionnaires et décideurs de « la communauté de la défense ». Il vise également à informer la politique menée par « les commandements de terrain.»

Lancée en 2008 – l’année de la crise bancaire mondiale – « l’initiative de recherche Minerva » du DoD a noué un partenariat avec les universités, «visant à améliorer la compréhension de base des forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d’importance stratégique pour les États-Unis.»

Parmi les projets retenus pour la période 2014-2017 figure une étude dirigée par l’Université de Cornell, gérée par le Bureau scientifique de recherche de l’US Air Force, visant à développer un modèle empirique « de dynamique de mobilisation du mouvement social et des phénomènes de contagion. » Ce projet déterminera « la masse critique (points de basculement) » des contagions sociales à partir de l’étude de leur « empreinte numérique » dans les cas de « la révolution égyptienne de 2011, des élections de 2011 à la Douma en Russie, de la crise du carburant subventionné au Nigéria en 2012, et des manifestations au parc de Gazi en Turquie en 2013. »

Les messages sur Twitter et les conversations seront examinés « afin d’identifier les personnes qui se mobilisent dans une contagion sociale et le moment à partir duquel elles se mobilisent. »

Un autre projet attribué cette année à l’Université de Washington « cherche à découvrir les conditions dans lesquelles les mouvements politiques visant à des changements politiques et économiques à grande échelle prennent naissance » ainsi que leurs « caractéristiques et conséquences ». Ce projet, géré par le Bureau de recherche de l’Armée américaine, met l’accent sur « les mouvements à grande échelle impliquant plus de 1 000 participants en activité de façon durable ». Il couvrira 58 pays au total.

L’an dernier, l’initiative Minerva du DoD a financé un projet permettant de déterminer « Qui ne devient pas un terroriste et pourquoi ? ». Ce projet, cependant, confond les militants pacifiques avec les « partisans de la violence politique », qui se démarquent des terroristes en cela qu’ils ne versent pas eux-mêmes dans le « militantisme armé ». Le projet énonce explicitement qu’il va étudier les activistes non violents :

« Dans chaque société, nous trouvons beaucoup d’individus qui ont en commun les mêmes arrière-plans  démographiques, familiaux, culturels ou socio-économiques que ceux qui ont décidé de s’engager dans le terrorisme et qui, cependant, s’abstiennent eux-mêmes de prendre les armes, même s’ils peuvent être favorables aux objectifs finaux de groupes armés. Dans le domaine des études sur le terrorisme, les études n’ont pas, jusqu’à tout récemment, tenté de regarder ce groupe de contrôle. Ce projet ne traite pas des terroristes, mais des partisans de la violence politique. »

Chacune des 14 études de cas du projet « implique des entretiens approfondis avec plus de dix militants et activistes de partis et d’organisations non gouvernementales qui, bien que favorables aux causes radicales, ont choisi la voie de la non-violence. »

J’ai contacté le chercheur principal du projet, le Professeur Maria Rasmussen de l’École d’études supérieures du Centre naval américain, en lui demandant pourquoi les activistes non violents travaillant pour les ONG devraient être assimilés à des partisans de la violence politique  – et quels « partis et organisations non gouvernementales » sont ainsi étudiés. Mais je n’ai reçu aucune réponse.

De même, le personnel du programme Minerva a refusé de répondre à une série de questions similaires que je leur ai soumises, demandant notamment comment les « causes radicales » promues par les ONG pacifistes pouvaient constituer une menace potentielle à la sécurité nationale susceptible d’intéresser le DoD.

Entre autres questions, j’ai demandé :

  • « Le Département américain de la Défense voit-il les mouvements de protestation et l’activisme social dans différentes parties du monde comme une menace pour la sécurité nationale américaine ? Si oui pourquoi ? »
  • « Le Département de la Défense américain considère-t-il les mouvements politiques visant un changement politique et économique à grande échelle comme une question de sécurité nationale ? Si oui pourquoi ? »
  • « L’activisme, la protestation, les ‘’mouvements politiques’’ et bien sûr les ONG sont des éléments vitaux d’une société civile saine et de la démocratie. Pourquoi le DoD finance-t-il des recherches pour étudier de telles questions ? »

Le Dr Erin Fitzgerald, directeur du programme Minerva m’a répondu  : « J’apprécie votre intérêt et je suis heureux que vous nous contactiez pour nous donner l’occasion d’apporter des clarifications », avant de me promettre une réponse plus détaillée. Au lieu de quoi, j’ai reçu la vague déclaration suivante du bureau de presse du DoD :

« Le Département  de la Défense prend au sérieux son rôle en matière de sécurité des États-Unis, de ses citoyens, des alliés de l’Amérique et de ses partenaires. Alors que tous les défis concernant la sécurité ne provoquent pas de conflit et que tous les conflits n’impliquent pas l’intervention de l’armée américaine, Minerva contribue à financer des recherches en sciences sociales fondamentales qui aident le département de la Défense à mieux comprendre ce qui provoque l’instabilité et l’insécurité dans le monde entier. Par une meilleure compréhension de ces conflits et de leurs causes préalables, le Département de la défense peut mieux se préparer au futur environnement de sécurité dynamique. »

En 2013, Minerva a financé un projet de l’Université du Maryland, en collaboration avec le laboratoire Pacific Northwest National du département américain de l’énergie, pour évaluer le risque de troubles civils dus au changement climatique. Ce projet triennal de 1,9 million de dollars élabore des modèles pour anticiper ce qui pourrait arriver aux sociétés, selon un éventail de scénarios de changements climatiques potentiels.

Dès le départ, le programme Minerva a été prévu pour fournir plus de 75 millions de dollars sur cinq ans dédiés à la recherche en sciences sociales et comportementales. Pour cette seule année, il lui a été alloué un budget total de 17,8 millions de dollars par le Congrès américain.   

Une communication par courriel interne destiné au personnel de Minerva – référencée dans un mémoire d’ expertise de 2012 – révèle que le programme est orienté vers des résultats rapides destinés à être directement applicables aux opérations sur le terrain. Le mémoire faisait partie d’un projet financé par Minerva  visant à « contrer le discours musulman radical » à l’Université de l’État de l’Arizona.

Un courriel interne du Professeur Steve Corman, chercheur principal du projet, fait état d’une rencontre organisée par le Programme de Modélisation Humaine, Sociale, Culturelle et Comportementale (HSCB) du Département de la Défense, programme dans lequel des hauts responsables du Pentagone indiquent que leurs priorités sont « de développer des capacités rapidement disponibles » sous forme de « modèles et outils pouvant être intégrés aux opérations ».

Corman précise dans son courriel que, bien que le responsable du Bureau de Recherche navale, le Dr Harold Hawkins, ait assuré d’emblée aux chercheurs de l’Université que le projet n’était qu’« un effort de recherche courant, donc nous ne devrions pas être préoccupés par son application pratique », la réunion a en réalité montré que le DoD cherche à « mettre en application les résultats ». Corman conseille à ses chercheurs de « penser à présenter les résultats, les rapports, etc., de telle sorte qu’ils [le DoD] puissent clairement voir leur application comme outils qui peuvent être mis en place sur le terrain. »

De nombreux chercheurs indépendants critiquent ce qu’ils considèrent être les efforts du gouvernement américain en matière de militarisation des sciences sociales au service de la guerre. En mai 2008, l’Association Américaine d’Anthropologie (AAA) a écrit au gouvernement américain pour souligner que le Pentagone n’a pas « le genre d’infrastructure pour évaluer la recherche anthropologique [et autres sciences sociales] » d’une manière qui assure « un examen par les pairs, rigoureux, objectif et équilibré » ; elle a demandé que de telles recherches soient gérées à la place par des organismes civils comme la Fondation National des Sciences (NSF).

Le mois suivant, le DoD a signé un protocole d’entente (Memorandum of understanding) (MoU) avec la NSF afin de pouvoir coopérer à la gestion de Minerva. En réponse, l’AAA a mis en garde que, même si les propositions de recherche devaient désormais être évaluées par des comités d’examen du mérite de la NSF, « les fonctionnaires du Pentagone auront le pouvoir de décision au moment de déterminer qui siègera aux comités d’examen » :

«… Il reste des inquiétudes dans la discipline que la recherche soit financée uniquement lorsqu’elle prend en compte l’ordre du jour du Pentagone. Les autres critiques du programme, notamment le Réseau des anthropologues engagés, ont fait état de leurs inquiétudes quant à un programme susceptible de décourager la recherche dans d’autres domaines importants, et de saper le rôle de l’Université comme lieu de discussion indépendant et de critique des instances militaires ».

Selon le professeur David Price, anthropologue culturel à l’Université de Saint-Martin à Washington DC et auteur de La militarisation de l’anthropologie : Les sciences sociales au service de l’État militarisé : « Lorsque vous regardez chaque élément d’un grand nombre de ces projets, ils se présentent comme des sciences sociales normales, d’analyse textuelle, de recherche historique et ainsi de suite ; mais lorsque vous additionnez tous ces morceaux, ils partagent tous des thèmes de lisibilité avec toutes les distorsions résultant de la sur-simplification. Minerva travaille à la production des éléments de l’empire d’une façon qui peut permettre aux gens de dissocier leurs contributions individuelles du projet d’ensemble. »

Le Professeur Price a précédemment exposé comment le programme HTS (Human Terrain Systems) du Pentagone – programme conçu pour intégrer des spécialistes des sciences sociales dans le domaine des opérations militaires – conduit régulièrement des scénarios de formation dans les régions « à l’intérieur des États-Unis. »

Citant une critique sommaire du programme envoyée aux directeurs d’HTS par un ancien employé, Price a rapporté que les scénarios de formation HTS « ont adapté COIN [contre-insurrection] pour l’Afghanistan et l’Irak » à des « situations internes aux États-Unis » où la population locale était considérée d’un point de vue militaire comme une menace pour l’équilibre du pouvoir et de l’influence et une contestation de la loi et de l’ordre ».

Price rapporte qu’un exercice militaire impliquait des militants écologistes protestant contre la pollution provenant d’une centrale au charbon près du Missouri, dont certains étaient membres de l’ONG environnementale bien connue Sierra Club. Les participants furent chargés d’« identifier ceux qui ‘‘résolvaient les problèmes’’», ceux qui ‘‘causaient les problèmes’’ et le reste de la population, qui devait être la cible d’opérations d’informations afin de déplacer le centre de gravité de l’opinion vers cet ensemble de valeurs et de points de vue qui constituait ‘‘l’état final désiré’’ de la stratégie de l’armée. »

Ces exercices militaires s’inscrivent dans le droit fil d’une série de documents du Pentagone qui indiquent que la surveillance de masse de l’Agence de la Sécurité Nationale (National Security Agency – NSA) est en partie motivée par la préparation à l’impact déstabilisateur des chocs à venir, environnementaux, énergétiques et économiques.

James Petras, professeur de sociologie à l’Université de Binghamton à New York, partage les inquiétudes de Price. Les sociologues financés par Minerva et liés aux opérations de contre-insurrection du Pentagone sont impliqués dans l’« étude des émotions survenant lorsqu’on alimente ou que l’on réprime des mouvements déterminés par une idéologie » ajoute-t-il, notamment pour « contrer des mouvements populaires. »

Minerva est un excellent exemple de la profonde étroitesse d’esprit et de la nature défaitiste de l’idéologie militaire. Pire encore, la mauvaise volonté des responsables du DoD pour répondre aux questions les plus fondamentales est symptomatique d’une évidence : dans leur mission à toute épreuve pour défendre un système mondial de plus en plus impopulaire qui sert les intérêts d’une infime minorité, les agences de sécurité n’hésitent pas à peindre le reste d’entre nous comme des terroristes en puissance.

Le Dr Nafeez Ahmed est un universitaire et un journaliste spécialiste de la sécurité internationale. Il est l’auteur du Guide de l’utilisateur de la crise de civilisation : et comment la sauver ainsi que du roman de science-fiction à paraître, ZÉRO POINT.

30/12/2012

CONTENU DES PAGES / PÁGINAS

 

1- Présentation

2- Contenu des pages - Contenido de las páginas

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 3- Agenda des projections / Agenda de las proyecciones

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4- Les documentaires / Los Documentales

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 - HAÏTI, L'APPEL DU LAMBI / Haiti, el llamado del caracol reina / Haiti; sounding the conch shell for battle (français, español, english)

- LE SOLEIL, NOUVEAU PETROLE DE CUBA?  / El sol, nuevo petroleo de Cuba? / The sun, new oil of Cuba? (français, español, english)

- BOLIVIE, UNE REVOLUTION ELUE / Bolivia una revolucion elegida / Bolivia an elected revolution (français, español, english)

- LA HAVANE UTOPE EN CONSTRUCTION / La habana utopia en construccion / Havana een utopie in opbouw (français, español, Nederlands)

- LE CINEMA INVISIBLE SORT DE L'OMBRE / El cine invisible en plena luz (français, español)

5- Courts métrages et interviews / Cortes y entrevistas

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 - INTERVIEW/ENTREVISTA MARIELLA CASTRO (Fille de Raul Castro) - Libération éducation sexuelle, lutte contre l'homophobie, le débat et la participation à Cuba. (Français/Español) (2012)

- ELAM - Ecole latino-américaine de médecine médecins de science et conscience / Medicos de ciencia y conciencia / Doctors of science and conscience (français, español, english, deutsch) (2012)

- ALPHABETISATION / YO SI PUEDO -  le chemin du développement Wi Mwen Kapab / Camino al desarollo, Yo si puedo (français, español) (2012)

- VIDATOX (français, español) (2011)

- APPEL DE ADRIANA PEREZ, une parodie de justice à Miami (Français/Español/Deutsch) (2012)

- ATTENTION MEDIAS / CUIDADO MEDIOS INFORMATIVOS (français, español) (2012)

- BRUXELLES : C'est toujours le temps où Bruxelles bruxellait.(2008)

- FESTIVAL VAMONOS DE THÉÂTRE AMATEUR, échange entre groupes belges et cubains. (2014)

 

6- La réalisatrice, filmographie et festivals / La realizadora, filmografia y festivales

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 7- Curriculum projections / Curriculum proyecciones

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 8- Documentaires pour comprendre le monde / Documentales para entender al mundo

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 La crise / Monsanto/Moving forward/Nouveaux chiens de garde/Rumba catalana/Jornada contra la homofobia en Cuba ...

9- Le cinéma cubain

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 10- La musique cubaine

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Histoire, sélection de morceaux à écouter, Traditionnel, Vieja y Nueva Trova, Classique, Jazz, nouveau  ...

11- Silvio Rodriguez recital complet Bruxelles 1994 / Recital completo Bruselas 1994

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12- Biennale de La Havane 2012 

link

13- Voyager à Cuba autrement.

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14 - Découverte humour : Frank Lepage

 

15- Haïti deux ans après ...

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16- Bolivie & Festival de Cine de los derechos Humanos (Sucre)

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17- Festival de cine pobre de Gibara

link

18 - Pour ceux qui aiment l'architecture : ISA Ecoles d'arts de La Havane Ricardo Porro

http://habana.skynetblogs.be/archive/2012/10/13/jornada-cubana-contra-la-homofobia-cuban-day-against-homopho.html

 19 - LA NOVLANGUE

http://habana.skynetblogs.be/archive/2012/09/11/courts-metrages-interviews-cortes-entrevistas-elam-alphabeti.html

 

AGENDA DES PROJECTIONS / AGENDA DE LAS PROYECIONES FUTURAS

P1000572.JPG

 

 

 

 

 

 

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11 Oktober 2014 : ANTWERPEN (BELGÏE)
18h : SANTIAGO DE CUBA : SOLIDARITEIT VOOR EEN BETERE WERELD
Volkshuis - Kloosterstraat 50 - 2180 ELKEREN
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Le 15 octobre 2014 : MADIANA (MARTINIQUE)


18H : Palais des congrès de MADIANA


LE SOLEIL, NOUVEAU PÉTROLE DE CUBA?
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Du 18 au 20 juillet 2014 : FORT NAPOLEON - La Seyne sur Mer (FRANCE)
LA HAVANE UTOPIE EN CONSTRUCTION


http://www.bayamo.fr/crbst_13.html
Festival Cubain Bayamo
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Du 27 au 29 juin 2014 : DORTMUND (ALLEMAGNE)
Festival de la solidarité

HAVANNA- EINE UTOPIE WIRD WIRLICHKEIT
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Le 3 juin 2014 : MEZE (FRANCE)
LA HAVANE UTOPIE EN CONSTRUCTION
Cinéma Municipal Le Taurus
34 140 MEZE
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14 Mai 2014 19h30 : BOCHUM (ALLEMAGNE)
HAVANNA- EINE UTOPIE WIRD WIRLICHKEIT
Evangelische Stadtakademie Westring 26C - 44787 BOCHUM
http://www.lokalkompass.de/bochum/politik/im-blickpunkt-cuba-altstadtsanierung-in-havanna-eine-utopie-auf-dem-weg-film-und-filmgespraech-mit-anne-delstanche-filmemacherin-aus-bruessel-d434061.html
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 12 Avril 2014 : MAZY (BELGIQUE)
Centre Culturel de Mazy (GEMBLOUX)
LA HAVANE, UTOPIE EN CONSTRUCTION
Projection de photos et concert de musique Cubaine.

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Septiembre 2013 : BILBAO (ESPAÑA)

HAITI, EL LLAMADO DEL CARACOL REINA

en el 5º FESTIVAL INTERNACIONAL DE CINE INVISIBLE "FILME SOZIALAK" 2013 BILBAO

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2 octobre 2013 : BRUXELLES

ULB (Université Libre de Bruxelles) Salle solbosch

LE SOLEIL, NOUVEAU PETROLE DE CUBA?

Activité organisée par les associations "Cubanos en Bélgica" et "Amis de Cuba"

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1- Présentation

 

2- Pages :     link

 

3- Agenda :     link

 

4- Documentaires :      link

 

5- Interviews :      link

 

6- La réalisatrice :      link

 

7- Curriculum :     link

 

8- Comprendre le monde :      link

 

9- Le cinéma cubain :      link

 

10- La musique cubaine :      link

 

11- Silvio Rodriguez :     link

 

12- Biennale de La Havane :     link

 

13- Voyager à Cuba autrement :     link

 

14- Haïti deux ans après :    link

 

15- Bolivie :     link

 

16- Festival de cine pobre :    link

LES DOCUMENTAIRES / LOS DOCUMENTALES

2012 - HAÏTI,L'APPEL DU LAMBI

EL LLAMADO DEL CARACOL REINA

 

De Anne Delstanche 

 

Synopsis 

Français

Haïti a payé un prix exorbitant pour avoir "osé" se libérer le premier de l'esclavage .

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est venu écraser encore un pays déjà très éprouvé par son histoire. Un grand mouvement de solidarité internationale avait vu le jour. Les médecins cubains étaient sur place travaillant à l’amélioration du système de santé et ont été en première ligne dès le début pour secourir les blessés.

Qu'en est-il aujourd'hui, quelles coopérations se développent sur le terrain avec quels résultats? Entre "humanitaire" solidarité et marché de la reconstruction quel avenir pour Haïti?    

 

Español

Haïtí pagó un precio exorbitante por atreverse a liberarse primero de la esclavitud. El seísmo del 12 de enero del 2010 aplastó todavía más a un país muy dañado por su historia. En este momento, se llevó a cabo un importante movimiento de solidaridad. Los médicos cubanos ya estaban allí trabajando para mejorar el sistema de salud y se encontraron en primera línea desde el primer momento para cuidar a los heridos. ¿Que está pasando hoy día, que tipo de cooperación se esta desarollando y con cuales resultados? ¿Entre "humanitario", solidaridad y mercado de la reconstrucción, que porvenir para Haiti? 

 

 

 

PRENSA LATINA

Haïti, l’appel du Lambi : Un documentaire d’Anne Delstanche

Auteur: Amilcar Morales Garcia | Source: PL | 12 , Mars 2012

Le documentaire Haïti, l’appel du Lambi, a été présenté dans la mairie du XVe arrondissement de Paris, abordant la collaboration médicale cubaine après le séisme et l´épidémie de choléra dans ce pays caribéen.

Ce film, de la réalisatrice belge Anne Delstanche, montre le travail des spécialistes cubains, les premiers à s´occuper des victimes quand un séisme a détruit la capitale et d´autres villes de cette nation en 2010.

« Les Cubains ont construit un site dans le cœur des gens pour leur manière de travailler et d´être toujours à leur côté, avec un grand respect de leur culture et de leur façons d’être », a commenté Anne Delstanche lors d’une entrevue avec l’agence Prensa Latina.

Avant la tragédie, quand personne ne regardait vers ce pays, les médecins et les instituteurs de Cuba étaient déjà là pour offrir leur appui dans la lutte de ce peuple contre les séquelles de la pauvreté, de l´exploitation et de l´abandon, a expliqué la cinéaste.

Elle a expliqué que le séisme a ébranlé la communauté internationale mais de nombreuses collaborations extérieures sont arrivées et ont travaillé en marge du gouvernement et, parfois, contre ses orientations.

« Les Haïtiens sont très sensibles aux marques de respect envers eux, c´est pour cette raison qu’ils valorisent tant l´attitude des médecins et des spécialistes de Cuba », a signalé Anne Delstanche.

Dans le documentaire, des intellectuels et des fonctionnaires offrent leur témoignage, montrant une conduite en contraste avec celle d´autres pays qui ont d’abord envoyé des militaires armés sous le prétexte de garantir la sécurité.

Sur la présentation de son œuvre deux ans après ces événements, Anne Delstanche a expliqué que, regrettablement, quand Haïti a cessé d´être à la une, ce pays a disparu des écrans des téléviseurs et des premières pages des journaux européens.

« Ici les médias montrent des images impressionnantes pour attirer l´audition, mais ensuite tout est oublié, il n´y a pas un suivi et ils ne donnent pas l´opportunité aux gens de comprendre ce qui arrive vraiment là-bas. C’est pour cette raison que j’ai eu l´idée de présenter ce documentaire où on donne la parole au peuple haïtien et qui invite a réfléchir sur une forme de coopération solidaire et engagée, comme la cubaine et celle d’autres pays de l´Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA). Le documentaire est sur Internet et il peut être téléchargé gratuitement car l´objectif est d´atteindre une plus grande diffusion », a souligné la cinéaste.

Elle a ajouté qu´après cette projection lors de l’acte de solidarité avec les peuples, il y aura deux présentations de plus, une dans le nord de la France et l´autre à Bruxelles.

En ce qui concerne le titre, Anne Delstanche a rappelé que la coquille du lambi était utilisé pour convoquer la population haïtienne devant de grands événements, comme la révolution des esclaves qui a conduit à l´indépendance en 1804.

« Aujourd´hui le lambi doit appeler à nouveau pour transformer la réalité de ce peuple », a-t-elle souligné.

 

Synopsis du documentaire Haïti, l’appel du Lambi, un film d’Anne Delstanche.

Haïti a payé un prix exorbitant pour avoir « osé » se libérer le premier de l’esclavage. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est venu écraser encore plus un pays déjà très éprouvé par son histoire. Un grand mouvement de solidarité internationale avait vu le jour. Les médecins cubains étaient sur place, travaillant à l´amélioration du système de santé et ils ont été en première ligne dès le début pour secourir les blessés. Qu´en est-il aujourd´hui, quelles coopérations se développent sur le terrain et avec quels résultats ? Entre « humanitaire » solidarité et marché de la reconstruction quel avenir pour Haïti ?

 

 

Estrenan en Francia documental sobre médicos cubanos en Haití

5 marzo / Fuente original: PRENSA LATINA

París, 5 mar (PL) En la alcaldía del distrito XIV de esta ciudad fue estrenado el documental "Haití, el llamado del caracol reina", que aborda la colaboración médica cubana tras el terremoto y la epidemia de cólera en ese país caribeño.

La cinta, de la realizadora belga Anne Delstanche, muestra el trabajo de los especialistas de la mayor de las Antillas, quienes fueron los primeros en atender a las víctimas cuando un sismo destruyó la capital y otras ciudades de esa nación en 2010.

"Los cubanos han construido un sitio en el corazón de la gente por su manera de trabajar y estar siempre al lado de ellos, con un gran respeto por su cultura y su manera de ser", dijo Delstanche en entrevista a Prensa Latina.

Antes de la tragedia, cuando nadie miraba hacia ese país, ya los médicos y maestros de Cuba estaban allí para dar su apoyo en el combate a las secuelas de la pobreza, la explotación y el abandono, explicó la cineasta.

El terremoto estremeció a la comunidad internacional -explicó- pero mucha de la colaboración exterior llegó y laboró al margen del gobierno y, a veces, hasta en contra de sus orientaciones.

"Los haitianos son muy sensibles a las muestras de respeto hacia ellos", señaló, y por eso valoran tanto la actitud de los médicos y especialistas de Cuba.

En el documental, intelectuales y funcionarios ofrecen su testimonio al respecto y contrastan esta conducta con la de otros países, de donde lo primero que arribó fueron militares armados con el pretexto de garantizar la seguridad.

Sobre la presentación de su obra dos años después de estos acontecimientos, Delstanche explicó que lamentablemente cuando Haití dejó de ser noticia, desapareció de las pantallas de los televisores y las páginas de los periódicos europeos.

"Aquí los medios muestran imágenes impresionantes para atraer a la audiencia, pero después todo se olvida, no hay un seguimiento ni dan la oportunidad a la gente de entender lo que verdaderamente está ocurriendo allá", indicó.

Por esa razón vino la idea de presentar este documental donde se le da la palabra al pueblo haitiano y se invita a reflexionar sobre una forma de cooperación solidaria y comprometida, como la cubana y otros países del Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América (ALBA).

"El documental está en Internet y se puede bajar de manera gratuita porque el objetivo es alcanzar la mayor difusión", dijo la cineasta e informó que tras su exhibición aquí en el acto de solidaridad con los pueblos, esta semana hay dos presentaciones más, una en el norte de Francia y la otra en Bruselas. Respecto al título, Anne Delstanche recordó que el caracol era utilizado para convocar a la población haitiana ante grandes acontecimientos, como la revolución de los esclavos que condujo a la independencia en 1804.

"Hoy, el caracol debe volver a llamar para transformar la realidad de ese pueblo", sentenció.

 

 

 

TELESUR:

 

 

LE GRAND SOIR

6 mars 2012

Ayiti, l’appel du lambi.

alfare

La très belle vidéo du documentaire réalisé par Anne Delstanche et présenté par elotrocorreo samedi 3 mars au soir : Ayiti, l’appel du lambi (film trilingue) de l’émotion, de la réflexion et plein d’espoir...

DOCUMENTAIRE HAÏTI

Un film de Anne Delstanche

Synopsis en français Haïti a payé un prix exorbitant pour avoir "osé" se libérer le premier de l’esclavage . Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est venu écraser encore un pays déjà très éprouvé par son histoire. Un grand mouvement de solidarité internationale avait vu le jour. Les médecins cubains étaient sur place travaillant à l’amélioration du système de santé et ont été en première ligne dès le début pour secourir les blessés. Qu’en est-il aujourd’hui, quelles coopérations se développent sur le terrain avec quels résultats ? Entre "humanitaire" solidarité et marché de la reconstruction quel avenir pour Haïti ? Ayiti, l’appel du lambi

On ne va pas attendre qu’il passe au multiplex le plus proche ni même à la tv et c’est bien dommage.

Donc on peut le voir ici

http:www.youtube.com/watch?v=wheGQKGVoe8 

 

partager largement ce lien avec les amis et cela ne nous empêche pas (au contraire) d’organiser des projections/débats ou d’acheter le dvd...

CONTACT : 

http://habana.skynetblogs.be/  medialibrecine@gmail.com

URL de cet article 16013  

http://www.legrandsoir.info/ayiti-l-appel-du-lambi.html

 

 

 

 

Commentaires / Comentarios

... Excelente, muy bello y sencible a pesar de la tragedia que refleja, entrevistas conmovedoras ... ya con este alcanzaste la mayoria de edad como realizadora ... es muy intimo, sencible y bello, a pesar de que las imagenes son desgarradoras y deja un sentimiento de esperanza, que es lo mejor que tiene, o sea al final, ese pueblo pudiera salir adelante en el futuro ...   RP

 

 

FELICIDADES!!!!!, PASARON AYER TU DOCUMENTAL DE HAITI EN LA MESA REDONDA A LAS 7 DE LA NOCHE, FINALMENTE LO PUDE VER EN SU VERSION FINAL, LOGRASTE UNA EDICION EXCELENTE, CON UN BALANCE PERFECTO ENTRE LAS IMAGENES DE VIDEO, LAS FOTOS ANIMADAS Y LAS ENTREVISTAS.... RP

 

... para agradecerte primeramente por jerarquizar la humanidad de nuestros médicos, en segundo lugar por utilizar la pintura Naive  haitiana y en tercer lugar por la profesionalidad con la que has dirigido este documental lograste llegar a el alma de todos, dando una óptica muy real de todo lo que aconteció en Haití y con nuestros conciudadanos que allí se encontraban de misión , yo recuerdo que cuando sucedió la catástrofe, se dieron algunas noticias peor tu hoy has logrado a través de las entrevistas realizadas llevar  a todos los miedos y los corajes de los que allí se encontraban .Bueno solo me queda desearte muchas felicidades y exhortarte para que  continúes con esta linda labor en la que te has encausado  AA

 

...  me quede maravillada, pues como espectadora  me pareció espectacular, pues llevo a todos el mensaje que ella quiso trasmitir, yo soy neófita en el arte de la cinematografía, pero  a mi me pareció que estuvo muy bien realizado y por ende dirigido, las entrevistas estuvieron muy bien y la fotografía fue buenísima, bueno aquí todos lo vieron y tienen la misma opinión, pues yo creo que desde que sucedió la catástrofe de Haití de la que no podíamos estar exentos por un problema de humanidad como habitantes de la tierra y como coterráneos de muchos médicos que allí estaban cumpliendo misión, no se habían proyectado en la televisión imágenes tan buenas como estas que he visto , pues ya te digo los diálogos fueron muy claros y en ellos se veían el miedo que sentían estos médicos ante un fenómeno de esta envergadura y como a la ves se enfrentaron con muchas ganas y ayudaron aun y sin las condiciones mínimas ..en fin que logro captar la atención de todos…  LS

 

 

TU SIEMPRE CON TU SENSIBILIDAD, PONIENDO TUS OJOS Y CAMARA, DONDE OTROS O VEN POCO O NO VEN NADA.

UNA VEZ MAS NUESTRAS FELICITACIONES.  AL

 

 

 ¡¡¡¡¡¡QUE BUENO QUEDÓ TU DOCUMENTAL!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!, a mi me gustó y he oido comentarios muy positivos.    El guion esta bueno, tiene coherencia, cuenta una historia real y tragica.  El material tiene vuelo artístico.  Te felicito por tu trabajo y eres una verdadera cineasta.  JN

 

 

Me avisaron de la proyección de tu película en la mesa redonda del viernes 4 de mayo, con cobertura internacional, por telesur, lo cual de seguro tuvo una mayor teleaudiencia. Me gustó mucho, por su coherencia y alcance tocando muchos aspectos muy bien estructurado, dando en poco tiempo una visión realista de lo sucedido en esa nación desde su fundación hasta la fecha y su posible proyección, con narraciones de sus propios hijos. Respecto a la colaboración internacionalista de Cuba, está muy bien tratada y evidenciada visualmente, eso fue lo que me llamó mas la atención, el respaldo visual de los textos con una fotografía muy elocuente...Bueno que estas hecha una figura internacional del nuevo cine.  PL

 

 

Muchisimas gracias para esta obra! LM 

 

 

Muchas gracias por este documento. Refleja bien que mientras países tan democráticos para la gran prensa como Francia, EEUU o Canadá hacen subastas entre empresas para la reconstrucción de Haití, el gobierno cubano refuerza el envío de sus médicos que ya estaban allí, alfabetiza a la población y controla la epidemia de cólera entre haitianos. SL

 

 

Un film émouvant, intéressant qui aide à comprendre les raisons de l'état de délabrement de ce pays et montre qu'il ne faut pas de grandes sommes d'argent pour faire de grandes choses. J'ignorais totalement le rôle primordial des médecins Cubains au moment du tremblement de terre, dans la découverte de l'épidémie de choléra et la lutte contre la maladie. ML

 

 

De esto si no hablan los medios de comunicación, esto si es triste , y ademas la ayuda y la colaboración, que hay de nuestro país no hablan, solo comentan lo que les convienen, simplemente ,ellos son así, pero si fuese alguna estupidez, de  algún comentario o noticia de cuba, eso si lo sacan a la luz , y te marean con lo mismo , ya he tenido varias discusiones con gente de aquí por esto, por eso hay que seguir luchando por lo nuestro. A

 

 

 

Haiti, the call of the queen conch

 English subtitutled integral version  

 VIMEO

  By Anne Delstanche

 

Haiti has paid an exorbitant price for having "dared" end the first of slavery. The earthquake of January 12, 2010 has come to crush even a country already proven by its history.

A large international solidarity movement was born.

What about today, which cooperation are developing now and with what results?

Between "humanitarian" solidarity and reconstruction market What futur for  Haiti?

 

 

 

2010 - LE SOLEIL, NOUVEAU PETROLE DE CUBA?

EL SOL ¿NUEVO PETRÓLEO DE CUBA?

 VIMEO

 de Anne Delstanche con la colaboracion de Rolando Pujol

 

Synopsis 

Français 

Cuba se tourne résolument vers les énergies alternatives, solaire, éolienne, hydraulique, biogaz... Le pays s'est doté d'une fabrique de panneaux solaires et a sa propre technologie. Il coopère avec plusieurs pays dans le cadre de l'ALBA. Une indépendance énergétique à base d'énergies propres est-elle envisageable à moyen terme? 

Español 

Cuba desarolla las energias alternativas, solar, eolica, hidraulica, biogaz... El pais tiene una fabrica de paneles solares y su propia tecnologia. Coopera con varios paises en el marco del Alba. Una independencia energetica a raices de energias limpias sera posible a medio plazo? 

 

 

 

FESTIVALS:

Festival ProDocumentales de ALBACETE 2011 ESPAGNE 

Festival ATTAC 2010 BRUXELLES - BELGIQUE 

Festival Latino-Docs de TOULOUSE 2011 FRANCE

Festival de la Culture Cubaine 2011 BRUXELLES -  BELGIQUE

Festival Colores latinos de LILLE 2012 FRANCE

Festival Terra POINTE A PITRE -  GUADELOUPE 2012 

Festival de cine invisible "Filme Sozialak" 2012 BILBAO - ESPAGNE

 

 

 

Commentaires / Comentarios: 

Español

FELICITACIONES PARA LA INGENIERA QUE RECHAZA LA ENERGIA NUCLEAR Y APUESTA PORLAS RENOVABLES ME ALEGRA SABER DE MENTES ILUMINADAS EN CUBA TAMBIEN!

MrDANIELDMARTINRIOS 2012

 

la seca provincia de Guantanamo en su parte sur es ideal para el cultivo de pongamia pinnata y moringa

(conocida como tilo en Cuba) que son excelentes materias primas para la produccion de biodiesel ,no solo para consumo nacional pero comorubro exportador! Ademas paises como Brasil usan el bagaso de

cana como generador de electricidad no solo para los centrales sino su excedente para la red electrica

MrDANIELDMARTINRIOS2012

 

con las grandes empresas de paneles solares en China y las buenas relaciones de China con Cuba seria

muy factible paralas empresas chinas invertir en Cuba donde los salarios son inferiores a China ,

lo que posibilitaria a Cuba usar mayormente la energia solar para su generacion de

electricidad= independencia energetica!

MrDANIELDMARTINRIOS2012

 

Magníficoreportaje. Remitido desde Segundacita. Sopa de pescado para el alma revolucionaria.

gdscks2011

 

Bravo una buena alternativa para el planeta como para Cuba para dejar de depender de las energías fósiles y crear empleos y otrodesarrollo incluso en los países socialistas ya que su modelo energético sigue conservando la estructura del sistema capitalista...gracias por la pachamérica....

 

 

 

THE SUN, NEW OIL OF CUBA?

Vimeo


Synopsis 

Cuba turned resolutely towards alternative energy, solar, wind, hydro, biogas ... The country has a factory of solar panels and its own technology. It cooperates with many countries in the framework of ALBA. Energy independence based on clean energy is it possible in the medium term? 

 

 

 

2009 - BOLIVIE, UNE RÉVOLUTION ELUE

BOLIVIA, UNA REVOLUCIÓN ELEGIDA

Français

Español


De Anne Delstanche

 

Synopsis 

 

Français 

La Bolivie est très riche en ressources naturelles et c'est pourtant le pays le plus pauvre d'Amérique latine ou la population indigène est toujours victime d'un racisme primaire. Pourquoi cette situation et quelles sont les perspectives qui sont en train de s'ouvrir avec l'arrivée au pouvoir de Evo Morales. 

Español 

Bolivia tiene muchos recursos naturales, gas, petroleo, plata, zinc ... sin embrago es uno de los paises mas pobres de America Latina. Un pais donde la oligarquia demuestra un racismo primario en contra de las comunidades indigenas. Por que esta situacion y cuales son las perspectivas que se estan abriendo con el nuevo gobierno de Evo Morales? 

 

 

 

BOLIVIA AN ELECTED REVOLUTION (english)

 

 by Anne Delstanche

Bolivia's have many natural ressources, gas, oil, silver, zinc, tin ... and it is one of the poorest countries in Latin America, a country where the oligarchy demonstrated a primary racism againstindigenenous communities. Why is this and what happened with the arrival of the first indigenous president Evo Morales. Not long ago, the natives did not even have the right to do pollitics.

 

 

 

 

Muestra de cine documental   Luchas y resistencias populares en América        Plataforma Bolivariana y Club de Amigos de la UNESCO de Madrid

MADRID : 27 de mayo de 2010

Bolivia, una revolución elegida

 

Una imagen extraordinaria: El estadio de Leganés repleto de bolivianos, latinoamericanos, españoles de pie sobre las gradas que con aplausos y a viva voz daban la bienvenida y el apoyo a Evo Morales, es la escena que abre este documental. Una imagen que ha quedado para siempre grabada en la retina de quienes tuvimos el privilegio de participar en ese acto.

¿Qué perspectivas se abren en Bolivia? ¿Qué presente se vive con Evo Morales? Son los interrogantes que pretende responder Anne Delstanche en este film.

Un relato histórico comienza con la colonización de España y el sometimiento de los habitantes de esas tierras... Luego surgen elites que crearon emporios comerciales, dominando también la política del país; la revolución frustrada de 1952, empezada, pero nunca continuada, hasta llegar a las luchas populares que llevaron a la presidencia a Evo, quien desde el principio reaviva la confianza de “ese país que quiere vivir”.

La realidad cotidiana aparece en la pantalla.

Vemos el oscuro socavón de la mina, donde los mineros realizan su duro trabajo, bajo la protección de “El tío”, imagen que, según sus creencias, los protege de accidentes... allí un trabajador afirma que el gobierno de Evo los ha favorecido, aumentándoles el sueldo y con planes de vivienda.

En Potosí, un entusiasta maestro indígena que participa en los planes de alfabetización habla de una revolución campesina que se hizo hace 200 años, que hoy continúa con una revolución educativa y cultural, “porque la educación no tiene edad -dice- y lo que se aprende dura toda la vida”. Con el plan de alfabetización “Yo si puedo”, elaborado en Cuba y reconocido por la UNESCO, se logró en dos años declarar a Bolivia “Territorio libre de analfabetismo”. Esto continúa con planes más avanzados: “Yo puedo leer” y “Sí, puedo seguir”. Para ello no bastó tener maestros, sino también llegar con paneles solares y televisores a lejanos poblados que carecían de electricidad.

Aparecen las Brigadas médicas que han operado de la vista a 500.000 bolivianos-bolivianas, quienes han mejorado totalmente no sólo su visión, sino sobre todo su calidad de vida.

También vemos cómo preparan el “bicentenario”, reivindicando a sus héroes indígenas, los primeros que enfrentaron a los españoles: Juana Azurduy, Tupac-Katari... incluyendo un acto en Sucre como homenaje a las víctimas de la masacre de mayo de 2008 en manos de bandas racistas y violentas de la oligarquía explotadora.

Bolivia, un país donde a lo largo de los siglos un pueblo pobre caminó sobre un subsuelo rico en hidrocarburos y minerales… un país con una cultura ancestral, un mosaico de etnias indígenas… la mayoría del pueblo que siempre ha sido víctima de un racismo cruel de parte de una oligarquía que históricamente usó su poder despótico. Bolivia es un país que se pone de pie, conducido por Evo Morales, y está construyendo un desarrollo sostenible y el ansiado “buen vivir”.

 

 

 

2007 - LE CINEMA INVISIBLE SORT DE L'OMBRE

EL CINE INVISIBLE SALE DE LA SOMBRA


De Anne Delstanche et Humberto Mancilla

Synopsis

 

Français:

Depuis 5 ans la petite ville de Gibara accueille avec enthousiasme le Festival International du Cinéma Pauvre. Une initiative en faveur d'un cinéma alternatif et indépendant, pour la démocratisation du cinéma.

Ce court métrage est le résultat de la rencontre sur place de deux réalisateurs du « cinéma pauvre ». L'une Belge, l'autre Bolivien. Il vous transporte quelques minutes dans l'ambiance chaleureuse de cette petite ville accueillante et très fière de son festival.

 

Español:

Desde hacen cinco años, la pequeña ciudad de Gibara acoje con entusiasmo el Festival Internacional de cine pobre. Una iniciativa a favor de un cine alternativo e independiente, de la democratisación del cine.

Este corto es el resultado del encuentro en el mismo festival de dos realisadores del cine pobre. Una belga, el otro boliviano. Les lleva unos minutos en el ambiente caluroso de esta pequeña ciudad acogedora y tan orgullosa de su festival. 

 

 

 

2006 - LA HAVANE, UTOPIE EN CONSTRUCTION

LA HABANA, UTOPÍA EN CONSTRUCCIÓN

Français

Español

De Anne Delstanche con la colaboración de Rolando Pujol e Idanis Rego

 

Synopsis: 

Français:

Le documentaire parle du projet urbain de rénovation du centre historique de La Havane capitale de Cuba. Le film explique comment est réalisée la rénovation du centre historique, l’originalité de sa conception, le financement autogéré par l'Office de l'Historien et la globalité du projet qui est à la fois urbanistique, architectural, environnemental, culturel et social. Le documentaire présente des images du centre historique, de la vie urbaine et culturelle. Des explications données par Eusebio Leal Spengler, historien de La Havane et personnage central du projet de réhabilitation. Des interviews de responsables de projets et des habitants de la vieille ville.  

 

Español 

Un documental sobre la obra de rehabilitacion de La Habana Vieja. Le pelicula explica la originalidad del proyecto, el sistema de autogestion y el aspecto global de la obra, arquitectura, urbanismo, social, cultural, ambiental. El documental presenta imagenes del centro historico, de la vida urbana y cultural, incluye explicaciones de Eusebio Leal Spengler, historiador de la Ciudad de La Habana y entrevistas a responsables de proyectos y habitantes del Centro Historico. 

 

 

 

PRESSE: Paru dans WOXX / Luxembourg le 22.11.2007

CUBA

Rénovations révolutionnaires

Luc Caregari

Anne Delstanche du département de sociologie du travail à l'ULB, est aussi cinéaste par passion. A ce titre, elle a fait un documentaire sur la capitale cubaine intitulé « La Havane : L'utopie en construction ». Lundi dernier elle était au Casino syndical pour présenter le film lors de la « Semaine cubaine ».

 

Passionnée de films comme d’architecture: Anne Delstanche.

woxx : Quel était le déclic pour faire ce film, surtout pour vous qui n'êtes pas cinéaste à la base ?

Anne Delstanche : Le film en tant que moyen d'expression est quelque chose qui m'a toujours fasciné. Etant plus jeune, j'avais abandonné des études de cinéaste et comme cela, sur mes vieux jours, je renoue avec le passé. Et puis, pour la Havane : cela me faisait trop mal de voir cette vieille ville se désintégrer et tomber totalement en ruine. Mais, je ne voyais pas de solution pour un projet de rénovation qui coûterait beaucoup d'argent, dans un pays qui en a si peu. J'étais un peu désespérée, jusqu'au jour où j'ai vu qu'effectivement ils avaient commencé à prendre cela en main. J'ai suivi le projet de très près et quand il était bien avancé, j'ai demandé au directeur du projet de venir tenir une conférence à Bruxelles en 2003.

Que vous avez filmée ?

Oui, j'ai filmé cette conférence avec une arrière-pensée, mais sans avoir vraiment de projet cinématographique. Celui-ci a été conçu sur la conférence.

Pensez-vous que le modèle de rénovation solidaire d'une ville pourrait fonctionner en Europe ?

A mon avis, ce serait très difficile dans la mesure où il y a chez nous un problème de spéculation qui n'existe pas là-bas. Ici on devrait racheter les terrains à des sommes folles, alors qu'à Cuba ils sont beaucoup plus libres de faire les travaux comme ils l'entendent.

Le bureau de l'historien - qui est en charge des travaux de rénovation - dispose d'une énorme autonomie. Qu'en pense le gouvernement ? Et Fidel ?

Le gouvernement lui a accordé cette autonomie, cela veut dire qu'il est positif et partant dans le projet. Qui plus est : il lui a donné l'autonomie en pleine période de crise - après la fin de l'Union soviétique - où l'on ne voyait plus comment continuer à entretenir les bâtiments. A ce moment-là ils ont décidé d'utiliser le tourisme pour faire rentrer l'argent qui devait servir à rénover la ville. Ils ont donc commencé par rénover les hôtels. Quand les personnes de l'extérieur sont venues pour dépenser leurs sous, ils ont investi l'argent ainsi récolté dans des projets sociaux, des projets architecturaux et petit à petit ils ont agrandi le projet.

C'est-à-dire que La Havane est sauvée par une petite ouverture au capitalisme ?

Je ne sais pas si c'est aussi simple que cela. On a beaucoup tendance à parler de communisme et de capitalisme. C'est vrai que Cuba connaît une certaine forme de socialisme, mais je pense qu'avant tout qu'ils sont très pragmatiques et essaient de s'en sortir, tout en gardant une certaine justice sociale. Malgré tout, à Cuba, de grosses erreurs se sont passées et se passent encore aujourd'hui. Cela reste tout de même un pays qui a réussi à échapper à certains schémas, par exemple à ceux des voisins de la Russie. Ils sont assez ouverts, et il y a toujours eu quand même une certaine discussion interne qui a fait que le pays n'a jamais été aussi fermé que d'autres.

 

  Vous pensez que le modèle établi par le bureau de l'historien peut survivre au régime de Fidel Castro ?

  Je crains très fort que non. Si le régime change et qu'on arrive vraiment à un gouvernement dans le style pro-américain, à mon avis on va vouloir détruire tous ces édifices et on verra un Manhattan tropical se construire.

 

 

Commentaires / Comentarios: 

 

Français

- Je suis étudiante en école d'architecture et en design d'environnement, et "La Havane, utopie en construction" a été pour moi la source d'un projet de diplôme en Bretagne. Un documentaire magique et passionnant sur ce qui

pourrait devenir plus qu'une utopie, et dans bien d'autres contrées du monde.

Anne-Sophie 2008

- Parfois avec deux mains nues on fait danser les rêves ... L'ingéniosité est la réponse des peuples opprimés.

Mang 29.9.2006

- Quelle merveille de voir se réaliser, avec élégance, talent et intelligence, un projet dont j'ai si souvent rêvé!  Il est rassurant et délicieux de découvrir une oeuvre nécessaire parmi tant d'entreprises superflues.

Malignon Philippe 30.9.2006

- De l'ingéniosité, de l'initiative et du partageŽaux rires, aux petits cris des enfants, Anne a pu,

avec beaucoup de talents, montrer les émois essentiels et dans l'espace restreint du temps, 7':30.   merci  Anne - Opusmang 2010

 

Español

- Ya vimos la película, te llega esta "crítica" solo de alguien que ama la cultura, y por encima de todo ama esta Habana, que me vió nacer y me verá morir, con todas sus virtudes y defectos ......no me explico como tú, llegada de tan lejos encontraste esos claroscuros y ese sol, tan míos y que nunca había visto.

...Realmente has hecho un trabajo de mesa e investigativo amplio, pero lo que muestras, yo que me creía un avezado conocedor de esta ciudad con sus columnas, plazas y catedral, ha sido totalmente nuevo. He descubierto infinidad de detalles.No es por darte "bombo" por que te conozco y quiero, pero de verdad para los estudiosos o simplemente para el que quiera conocer esta Habana abierta y hacia adentro, debería ver este redes(vela)cubrimiento de tu(nuestra) utopía. Pienso además que has dado un discurso didáctico apartandote de todo didactismo banal, caminando por caminos mil veces trillados, por el que tú vuelves a pasar,-pero sin pisar,

y esto es lo importante y novedoso- donde otros cientos antes que tu ya pisaron....quiero felicitarte por esos ojitos mágicos y luminosos con que fotografiaste esta (MI - NUESTRA) CIUDAD a partir de ahora podrás mostrar para el bien de todos, la capital de todos los cubanos y de cuantos la quieran y la amen para bien.

AL

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1- Présentation

 

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7- Curriculum :     link

 

8- Comprendre le monde :      link

 

9- Le cinéma cubain :      link

 

10- La musique cubaine :      link

 

11- Silvio Rodriguez :     link

 

12- Biennale de La Havane :     link

 

13- Voyager à Cuba autrement :     link

 

14- Haïti deux ans après :    link

 

15- Bolivie :     link

 

16- Festival de cine pobre :    link

COURTS-METRAGES ET INTERVIEWS - CORTES Y ENTREVISTAS

INTERVIEW EDUCATION SUPERIEURE A CUBA

ENTREVISTA EDUCACIÓN SUPERIOR EN CUBA


  

 

CUBA CULTURE / CUBA CULTURA - FESTIVAL VAMONOS DE THÉÂTRE AMATEUR, échange entre groupes belges et cubains.

Français

Un reportage sur le Festval Vamonos Zinema. Un échange entre des groupes de théâtre amateur belges et cubains. Le miracle de la communication au delà de la langue. Interview des différents participants au projet et de travailleurs de la culture sur la politique culturelle cubaine.

Nederlands

Een videoreportage over het Festival Vamonos Zinema.

Español

Un reportaje sobre el Festival Vamonos. Un intercambio entre grupos de teatro aficionados Cubanos y Belgas.

 

 

L'INSTITUT SUPERIEUR DES ARTS DE LA HAVANE CUBA, ISA (Français)

L'Ecole d'Arts de La Havane, un projet inédit de l'architecte Ricardo Porro. Les travaux de rénovation et pour terminer le projet ont repris et le bâtiment a été classé Monument National.

 

 

INTERVIEW/ENTREVISTA MARIELLA CASTRO

Libération sexuelle, lutte contre l'homophobie, les nouvelles mesures et le débat à Cuba.



 

Septembre 2012

Psychologue, directrice du CENESEX (Centre National d'Education Sexuelle de Cuba) Mariella Castro nous explique les origines du centre, la lutte contre le machisme pour la défense des homosexuels e transexuels. Elle nous parle aussi du grand débat mené en vue des changements qui se dessinent et de la nécessité absolue de maintenir et étendre le débat et la participation de tous dans les décisions.

 

Septiembre del 2012

Psicologa y directora del Centro Nacioanl de Educacion Sexual en Cuba, Mariella Castro nos explica las origenes del Centro y la lucha contra el machismo y para cambiar las mentalidades respecto a los homosexuales y transexuales. También nos habla del gran debate que se esta desarollando en Cuba y de la necesidad imprescindible de mantener y extender la participacion de todos en todas las decisiones.

 

 

ELAM : MEDECINS DE SCIENCE ET CONSCIENCE

MEDICOS DE CIENCIA Y CONCIENCIA

DOCTORS OF SCIENCE AND CONSCIENCE

Vidéo en français/español/english

 

ELAM: Ärzte mit Wissen und Bewusstsein - Deutsch

 

Français

L'Ecole Latino-américaine de médecine , une école de médecine gratuite pour les jeunes de milieux défavorisés. Une autre façon de voir la médecine: Médecins de science et conscience. Humanisme, gratuité, solidarité en sont les valeurs

Español

La escuela latinoamericana de Medicina, una escuela gratuita para permitir a joven de familias pabres estudiar medicina. Una otra manera de ver la medicina ... medicos de cienca y conciencia. Humanismo, gratuito, solidaridad son los valores

English

The ELAM was founded in 1999 in Cuba. School is free and trains doctors from around the world. Youth from poor families coming from Africa, Latin-America, Asia to study in Cuba. They later go back to their communities to work, or they choose to participate in missions to help where are needed.

Deutsch

Die Lateinamerikanische Medizinische Hochschule in Cuba wurde 1999 gegründet und ermöglicht jungen Menschen aus armen sozialen Verhältnissen aus der ganzen Welt ein kostenloses Medizinstudium. Anschließend kehren sie in ihre Heimatländer zurück , um dort als ÄrztInnen zu arbeiten. Sie können aber auch an medizinischen Hilfsaktionen- „Missionen"- in der ganzen Welt teilnehmen.

 

 

HAÏTI : ALPHABETISATION "WI, MWEN KAPAB"   

HAITÍ : ALFABETIZACIÓN "YO SI PUEDO" 

Français

Un court métrage sur le programme "Yo si puedo" en Haïti, programme d'alphabétisation qui a reçu un prix de l'UNESCO. Interview de Raul Sanchez Cortina, Coordinateur Général de l'alphabétisation en Haïti.

Español

Un corte documental sobre el programa "Yo si puedo" en Haití, programa de alfabetización qui recibió un premio de la UNESCO. Entrevista a Raul Sánchez Cortina, Coordinador General de la Alfabetización en Haití. 

 

 

 VIDATOX

Français

Interview du Professeur Fabio J. Linares Pazos auteur du médicament VIDATOX contre le cancer

Interview du scientifique qui a mis le médicament VIDATOX au point. L'entreprise LABIOFAM de Cuba vient d'enregistrer (en mars 2011) un nouveau médicament contre le cancer qui a donné des résultats sans entraîner d'effets secondaires indésirables. Le professeur Fabio de J. Linares nous donne toutes les explications.

Il s'agit ici du produit homéopathique mais un médicament allopathique est actuellement testé sur base du même venin de scorpion. 

Vidatox est un famille de produits fabriqués avec le venin de scorpion, c´est ne pas un seule produit. Le premier, le Vidatox 30CH est un produit homéopathique déjà enregistré a Cuba, Guatemala, Argentina et actuellement en phase d´enregistrement en plusieurs pays du monde. La deuxième présentation est le Vidatox Plus un complément diététique. Le troisième est le Vidatox Naturel, une solution concentré du venin  qui est actuellement en essais cliniques a Cuba.  

Español

Entrevista al Profesor Fabio J. Linares Pazos autor del medicamento VIDATOX Contra el cancerEntrevista del cientifico que ha desarollado el medicamento VIDATOX. La empresa LABIOFAM de Cuba acaba de registrar (en marso del 2011) un nuevo medicamento contra el cancer que ha dado buenos resultados. El profesor Fabio de J. Linares nos explica todos los detalles.

 

ADRIANA PEREZ :

APPEL A LA SOLIDARITE / LLAMADO A LA SOLIDARIDAD

CE CAS EST DEFENDU PAR AMNESTY INTERNATIONAL

ESTE CASO ES DEFENDIDO POR AMNESTY INTERNACIONAL

Français/español
 

 

Aufruf zur Solidarität Adriana Peréz -Justizparodie in Miami

Français

Depuis 1959, Cuba est la cible de nombreux attentats terroristes lancés par des groupes extrémistes du sud de la Floride. 

3500 morts, 2100 personnes handicapées à vie, 54 millions de dollars de pertes économiques. 

Lassé de demander au gouvernement des Etats-Unis leur intervention pour que cessent ces attaques, le gouvernement Cubain fini par organiser l'infiltration de ces groupes terroristes par 5 personnes de façon a pouvoir prévenir les attentat et éviter ainsi les victimes.

 

Cinq personnes dont la seule tâche est de prévenir d'autres catastrophes en obtenant des informations sur les attentats que  projettent ces organisations terroristes. A aucun moment ils ne chercheront des renseignements militaires ou ayant trait à la sécurité des Etats-Unis. Seule mission, lutter contre le terrorisme qui ravage leur pays.

 

Lorsqu'ils seront découverts ils seront jugés comme espions, ce qu'ils ne sont pas, et à Miami, le fief des organisations terroristes, dans une ambiance de vindicte et de haine effroyable et sous la pression de campagnes médiatiques mensongères. Les peines qu'on leur applique sont totalement aberrantes, jusqu'à plusieurs perpétuité et cela fait 14 ans qu'ils sont enfermés dans les pires établissements des Etats-Unis. 

 

L'épouse de l'un d'eux, Adriana Pérez qui depuis l'arrestation de son mari n'a pu lui rendre visite car on lui refuse le visa d'entrée aux Etats-Unis témoigne ici de cette réalité et fait un appel à votre solidarité.

 

Cette affaire a été reconnue et est défendue par Amnesty International

 

Pour plus d'info: http://www.monde-diplomatique.fr/2010/11/LEMOINE/19816

 

 

Español

 

Desde 1959, Cuba ha sido objetivo de numerosos ataques terroristas lanzados por grupos extremistas desde el sur de la Florida.

3500 muertos, 2100 personas con discapacidad de por vida, $ 54 millones en pérdidas económicas.

 

¿Cansado de pedir al gobierno de los EEUU intervención para poner fin a estos ataques, el gobierno cubano terminó organizando la infiltración de estos grupos terroristas por 5 personas para prevenir el ataque y evitar víctimas.

 

Cinco personas cuyo único trabajo consiste en evitar otros desastres con la obtención de informaciónes sobre los ataques previstas por las organizaciones terroristas. En ningún momento buscan información militar o afectando la seguridad de los Estados Unidos. Unica misión, la lucha contra el terrorismo que esta asolando su país.

 

Al ser descubiertos serán juzgados como espías, no lo son, y en Miami, fortaleza de las organizaciones terroristas, en un ambiente de odio y venganza, con  terrible presión y  campañas engañosas de los medios.

 

Las sanciones que se les aplican son totalmente absurda y hace 14 años que están atrapados en las peores carceles de los Estados Unidos. 

 

La esposa de uno de ellos, Adriana Pérez, que desde la detención de su esposo, no ha podido visitarlo, porque se le niega visa de entrada a Estados Unidos, refleja esta realidad aquí y hace una llamada a su solidaridad.

 

Este caso ha sido reconocido y apoyado por Amnistía Internacional

 

Amnesty International qualifie d'injuste le procès fait aux Cinq

 

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 Dans son rapport de 2011, publié à Londres, Amnesty International s’est de nouveau référé à l'affaire des Cinq Cubains emprisonnés aux États-Unis. Cette fois-ci en l'intégrant dans la section sur l’Amérique sur les procès inéquitables. Fait important, c’est le seul procès qu’Amnesty a classé comme abusif aux États-Unis :

 

Rapport annuel 2011

 

États-Unis d'Amérique 

 

www.amnesty.org/en/region/usa/report-2011

 

....

 

Des procès inéquitables 

 

www.amnesty.org/en/region/usa/report-2011#section-155-9

 

En juin, un autre appel a été déposé dans le cas de Gerardo Hernandez, l'un des cinq Cubains condamnés en 2001 pour avoir agi comme agents de renseignement en provenance de Cuba et d'autres charges. L'appel a été fondé, en partie, sur des preuves que le gouvernement américain a secrètement payé des journalistes pour écrire des articles négatifs dans les médias à l'époque du procès, ce qui compromettrait le droit des accusés à une procédure régulière. En octobre, Amnesty International a envoyé un rapport au procureur général soulignant les préoccupations de l'organisation dans l'affaire.

 

En octobre 2010, Amnesty International avait publié un rapport sur l'affaire dans laquelle il a conclu que:

 

«L'organisation estime que les préoccupations exposées, ensemble, soulèvent de sérieux doutes sur l'équité de la procédure qui a abouti à sa condamnation, en particulier l'impact négatif de la publicité sur le cas dans un jury de Miami. Amnesty International espère qu’il soit encore possible que ces questions soient prises en compte par les voies appropriées de recours. Si le processus légal d'appel ne permet pas une compensation appropriée, et étant donné la longueur des peines de prison imposées et le temps passé par les condamnés, Amnesty International appuierait les appels pour que les autorités exécutives des États-Unis révisent le cas à travers le processus de réhabilitation ou d'autres moyens appropriés. "

 

Source : www.antiterroristas.cu

 

Traduction : ASC-Fribourg

 

CNN MANIPULATION /  CNN MANIPULACIÓN

Español

Entrevista al Doctor Carlos Guillén que estaba en Haiti en el momento del terremoto y ha sido de los primeros que atendieron a los pacientes heridos. Mas que nunca es importante aprender a averiguar lo que dicen los medios de comunicacion. Creemos tener mucha información a través de la prensa, la televisión... Pero solo nos dan el papel de "consumidores". La publicidad comercial nos vende cualquier cosa "Santo Crecimiento" obliga ... y la publicidad política quiere imponernos un modelo de sociedad, hay que CREER sin preguntas, y para eso todos los medios valen incluso la manipulación, semi verdades, mentiras. Tenemos que distanciarnos cada vez más y aprender a averiguar lo que nos presenten como "información". Aprender a usar nuestra computadora original, llamada cerebro.

 

 Français

Interview du Docteur Carlos Guillen, présent au moment du tremblement de terre en Haïti et faisant partie de la mission cubaine qui a pris en charge les blessés dès les premiers instants. Nous pensons être informés par les journaux, la télévision .... Mais de plus en plus nous sommes réduits à être des "consommateurs." La publicité commerciale nous vend n'importe quoi "Sainte Croissance" oblige... et la publicité politique veut nous imposer un modèle de société, nous devons CROIRE sans nous poser de questions, et pour se faire tous les moyens sont bons y compris la manipulation, les demi-vérités, le mensonge.De plus en plus nous devons prendre de la distance et apprendre à vérifier ce qu'on nous présente comme information. 

 

 

 

BRUXELLES: C'est toujours le temps où Bruxelles bruxellait(2')

De Anne Delstanche

Français

Filminuto. Un clin d'oeil sur Bruxelles. Une balade dans la ville camera en main juste comme ça ... pour s'amuser un peu. situations cocasses, portrait des bruxellois et des touristes.

Español

Filminuto. Un guiño sobre Bruselas. Un paseo en la ciudad camera en la mano, solo asi ... para divertirse un poco. Situaciones graciosas, retrato de la gente de Bruselas y de los turistas.

Pages

 

1- Présentation

 

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3- Agenda :     link

 

4- Documentaires :      link

 

5- Interviews :      link

 

6- La réalisatrice :      link

 

7- Curriculum :     link

 

8- Comprendre le monde :      link

 

9- Le cinéma cubain :      link

 

10- La musique cubaine :      link

 

11- Silvio Rodriguez :     link

 

12- Biennale de La Havane :     link

 

13- Voyager à Cuba autrement :     link

 

14- Haïti deux ans après :    link

 

15- Bolivie :     link

 

16- Festival de cine pobre :    link

 

LA REALISATRICE/FILMOGRAPHIE & FESTIVALS - REALIZADORA/FILMOGRAFIA Y FESTIVALES

LA RÉALISATRICE

1967 à 1970 - Formation sociale, orientation coopération au développement.

 1971 - Université Libre de Bruxelles, sociologie du travail

En 1991, elle s'engage aux côtés de OXFAM Solidarité dans le cadre d'une coordination et participe à l'organisation de conférences et journées d'information où elle sera essentiellement chargée de la partie culturelle, cinéma, concerts, expositions.

En 1999, elle participe à la création de l'AECS asbl (Association pour l’échange culturel et social entre l’Europe et la Caraïbe) dont le but est de faire mieux connaître la richesse culturelle de la Caraïbe.

Après avoir réalisé plusieurs petits films en autodidacte, elle s’inscrit en 2004 à une formation cinéma au "Centre multimédia de Bruxelles" et part à La Havane afin d'y réaliser son premier film sur le projet de réhabilitation du centre historique.

 

LA REALIZADORA

1967 - 1970 formación social, orientación cooperación al desarollo

1971 - Universidad Libre de Bruselas, sociología En 1991, empieza a trabajar con Oxfam Solidaridad en el marco de una coordinadora y participa a la organización de conferencias, días de información donde se dedica a la parte cultural de los eventos. Cine, conciertos, exposiciones. En 1999 participa a la creación de la AECS.asbl (Asociación por el intercambio cultural y social entre Europa y el caribe) cuya meta es dar a conocer la riqueza cultural del Caribe. 

En el 2004 sigue una formación de cine en el Centro Multimedia de Bruselas y sale para La Habana para realizar su primero documental sobre el proyecto de rehabilitación del Centro histórico de La Habana.

    

FILMOGRAPHIE :

2006 : La Havane, utopie en construction

2007 : Le cinéma invisible sort de l'ombre

2009 : Bolivie, une révolution élue

2010 : Le soleil, nouveau pétrole de Cuba?

2012 : Haïti, l'appel du lambi

Courts métrages et interviews:

2009 : Bruxelles : C'est toujours le temps où Bruxelles bruxellait.

2011 : Interview du Professeur Fabio J. Linates (Vidatox)

2012 : Appel de Adriana Pérez, Parodie de justice à Miami

2012 : Interview de Mariella Castro

2012 : ELAM : Médecins de science et de conscience

2012 : Haïti - Le chemin du développement  Wi Mwen Kapab (Yo si puedo)

2012 : CNN Manipulation médias


FILMOGRAFÍA

2006 : La Habana, utopía en construcción

2007 : El cine invisible en plena luz

2009 : Bolivia, una revolución elegida

2010 : El sol, ¿nuevo petróleo de Cuba?

2012 : Haití, el llamado del caracol reina.

Cortes y entrevistas

2009 : Bruselas 

2011 : Entrevista al profesor Fabio J Linares (Vidatox)

2012 : Entrevista a Adriana Pérez

2012 : Entrevista a Mariella Castro

2012 : ELAM : Medicos de ciencia y conciencia

2012 : Haiti - Yo si puedo : el camino del desarollo

2012 : CNN medios y desinformac

 

PARTICIPATION AUX FESTIVALS - PARTICIPACIÓN A LOS FESTIVALES

Festival du cinéma Ibero-américain de Bruxelles (Belgique)

Festival de Cine Pobre de Gibara (Cuba)

Festival de Cine de los Derechos Humanos Sucre (Bolivia)

Festival ProDocumentales de Albacete (España)

Festival de Flandres Anvers (Belgique)

Festival ATTAC Bruxelles (Belgique)

Festival LatinoDocs de Toulouse (France)

Festival de la culture cubaine avec la commune d'Evere (Belgique)

Festival Colores latinos de Lille (France)

Festival Terra Pointe à Pitre (Guadeloupe) 

Festival de cine invisible "Filme Sozialak" 2012 BILBAO  (Espagne)

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1- Présentation

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DOCUMENTAIRES POUR COMPRENDRE LE MONDE

Comprendre ce qui nous arrive c'est avoir une chance de changer le cours des choses raison pour laquelle on ne veut surtout pas qu'on comprenne quelque chose à ce qui se passe en ce moment, très bons documentaires

LA CRISE

GOLDMAN SACHS, LA BANQUE QUI DIRIGE LE MONDE

 

1- LA GRANDE POMPE A PHYNANCES

 

2 - LE BAL DES VAUTOURS


 

L'ENCERCLEMENT

 

DECLARATION D'UN TRAIDER

 

LE MONDE SELON MONSANTO


 

LE MECANISME DE LA DETTE

 

 LA CRISE DE LA DETTE

 

 COMPRENDRE LA DETTE PUBLIQUE

 

 MOVING FORWARD Français

 

ZEITGEIST: MOVING FORWARD | OFFICIAL RELEASE | 2011

 

EPOUVANTAILS, AUTRUCHES ET PERROQUETS (11 septembre et journalisme)

 

 

EDUARDO GALEANO - EL SUBDESAROLLO (Le sous-développement)

Español sous-titres français

 

 LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE (médias)

 

COUP D'ETAT CONTRE CHAVEZ

 

 

LA STRATEGIE DU CHOC - NOEMI KLEIN

 

QUAND LA CIA INFILTRAIT LA CULTURE

 

 

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HAÏTI, DEUX ANS APRES

haïti,ong,coopération cubaine,tremblement de terre

a P1010185.JPG   

Port-au-Prince: Le Palais National en ruines.

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Vue de Port-au-Prince depuis la route de Pétionville.

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Les Tap Tap: transport en commun.

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La mission médicale cubaine parcoure les endroits les plus reculés du pays pour faire la prévention contre le choléra et donner les soins nécessaires. Ils travaillent directement avec les communautés haïtiennes en collaboration avec le gouvernement. Ils couvrent tout le territoire national. Ici un groupe de recherche active dans un camp de réfugiés de Carrefour, un quartier de Port-au Prince. Ils sont présents depuis 1998 et étaient donc sur place et les premiers à secourir les gens au moment du tremblement de terre.

 

a P1000572.JPG                               A Platon, un village très difficile d'accès dans le nord du pays où un hopital de campagne a été installé et monté à dos d'homme par les cubains pour combattre l'épidémie de choléra dans ce village.

 

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Un autre groupe au travail près de la frontière dominicaine.

a P1000857.JPG                                  Pour que les villageois retiennent bien les mesures de prévention on leur demande d'expliquer aux autres.

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Une des maisons inoccupées de la famille Duvalier a été assignée à la mission pour la transformer en hôpital de province.

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a P1010005.JPG                                            Ils assurent aussi la campagne d'alphabétisation "Yo si puedo" (Oui je peux).

P1000634.JPG                                              Des distributions d'eau potable sont organisées dans les camps de réfugiés. 

a P1000500.JPG                                              Le fleuve Artibonite, point de départ de l'épidémie de choléra. 

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a P1000903.JPG                                                

 

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13/10/2012

EDUARDO GALEANO - Parle de la démocratie mondiale avec beaucoup d'humour / St Français

 

 

11/09/2012

EDUARDO GALEANO - Parle de la démocratie mondiale avec beaucoup d'humour / St Français

 

 

LA NOVLANGUE pour imposer une vision du monde

  

Naissance d'une langue 


1. Qu'est ce que la LQR?

Comme le dit Eric Hazan dans la conclusion de son livre « La LQR est la langue qui dit ou suggère le faux même à partir du vrai. »
La LQR (Lingua Quintae Respublicae ou langue de la V° République) a été nommée ainsi par l'auteur par analogie à la Lingua Tertii Imperii (langue du troisième Reich), renvoyant au travail de Victor Klemperer.

De 1933 à 1945, ce professeur juif de l'université de Dresde, tient un journal où il décrit la naissance et le développement d'une langue nouvelle, celle de l'allemagne nationaliste. Sauvé de l'extermination grâce à son mariage avec une « aryenne », son texte est publié en 1947 sous le titre « LTI (Lingua Tertii Imperii) - Notizbuch Eines Philogen ». En français : La langue du troisième Reich, carnets d'un philologue.

Le propos d'Hazan n'est pas de dire que le néo-libéralisme et le nazisme c'est la même chose mais de démontrer que, que ce soit sous III° Reich ou sous la V° République, le langage quotidien utilisé dans les médias, le monde politique, le monde du travail etc. a pour fonction de « substituer aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission ».

2. Quand la LQR est-elle née et comment ?
La LQR est née durant les années 60, dans le contexte de la brutale modernisation du capitalisme français que fut le « gaullo pompidolisme ». Mais ce n'est que dans les années 1990 qu'elle a atteint son plein développement. Deux groupes sociaux, aujourd'hui omniprésents parmi les décideurs, ont largement contribué à créer cette langue nouvelle, reprise en suite par les journalistes et les politiciens : En premier lieu, les économistes ou experts à la solde du système. En second lieu, les publicitaires.

Le vocabulaire des économistes s'est imposé dans des domaines où jusqu'ici ce vocabulaire était peu employé (ainsi parle t'on de « capital santé »). L'influence croissante des experts en tout genre a également sa traduction syntaxique. Par exemple, le mot « expérience » a été remplacé par le mot « expertise », le mot « Question » par celui de « Problème »

De même, l'influence croissante des publicitaires a sa traduction dans le langage. En utilisant les mots « Positiver » ou « optimiser », mots lancés par les experts en communication des hypermarchés (« Avec Carrefour je positive »), les hommes politiques empruntent au langage de la pub. Pour Alizée comme pour Jean pierre Raffarin, il faut adopter une « positive attitude ».


L'apport des publicitaires a néanmoins davantage été syntaxique que lexical. Par exemple, un titre d'article ou une annonce de reportage télévisé comme « La Chine, une méga-puissance entre modernité et tradition » a deux points communs avec le langage publicitaire : le recours à l'hyperbole visant à susciter l'émotion (look «méga fun», dentifrice «Ultra fraîcheur», nettoyant «hyper concentré» etc.) et l'absence de verbe (« Dash 3 en 1, un pouvoir incroyable au service de la propreté ».) La diction même des journalistes tend à se calquer sur ce type de slogans publicitaires. Autre exemple dans le Figaro du 28 août 2004 : « Irak : l'aveu de Bush » (« Auchan : la vie, la vraie »).
Cette influence croissante du langage publicitaire est liée au recours croissant par les hommes politiques aux spécialistes en communication (bel euphémisme de « publicitaires »). Pour Hazan, la notion nouvelle d'infopublicité (oxymore que l'on imprime en tout petits caractères en haut d'une page consacré à tel vignoble de Bordeaux ou tel club de vacances) n'est ni plus ni moins un aveu : le rôle de l'information est de faire vendre. Cette relation incestueuse entre journalistes et publicitaire fait de la LQR « un instrument d'émotion programmée, une langue d'impulsion comme on dit « un achat d'impulsion » ».


Selon Eric Hazan, la concentration des principaux outils d'opinion entre quelques mains facilite bien évidemment la diffusion de la LQR. Mais elle ne permet pas à elle seule d'imposer un langage. Il a fallu le concours de millions de personnes ayant un intérêt plu ou moins conscient au maintien de l'ordre libéral : cadres des entreprises de sécurité, professeurs de philosophie politique, juges anti-terroristes, agents immobiliers, chroniqueurs de France Culture, présidents de Région etc. La critique de la LQR ne doit donc pas se limiter à la critique des médias, si justifiée qu'elle soit. La LQR est partout et personne n'est immunisé (y compris ceux qui combattent l'ordre dominant, nous y reviendrons). 
Si en dépit de la variété des lieux où elle se diffuse, la LQR montre une certaine cohérence, c'est parce qu'il y a communauté de formation et d'intérêts chez ceux qui ajustent les facettes de cette langue et en assurent la dissémination :

Communauté de formation : membres de cabinets ministériels, directeurs commerciaux d'entreprise, chefs de rubrique de quotidiens etc. sortent des mêmes écoles de commerce, d'administration ou de sciences politiques : on leur a appris les mêmes techniques avec les mêmes mots.

 

Communauté d'intérêts : du sommet de l'Etat jusqu'au dernier des directeurs de marketing, chacun sait que sa place dépend du maintien de la « paix sociale » (« du maintien de la guerre civile au stade de drôle de guerre » comme le dit Hazan).

 

3. Quelles sont les points communs et les différences entre la LQR et la langue du troisième Reich ?

Hazan établit plusieurs distinctions entre la LTI (langue du 3° Reich) et la LQR (langue de la V° République). Comme on peut le voir dans l'annexe 4, la LQR cherche à éviter toute vulgarité, l'objectif étant de créer le consensus. Cela ne l'empêche pas néanmoins d'être une langue souvent méprisante et qui a du mal à masquer son mépris (annexe 5)


Le premier point commun entre la LQR et la LTI, c'est la recherche de l'efficacité aux dépens même de la vraisemblance. Après Stalingrad, les communiqués de victoire sur le front russe émanant de Berlin n'étaient absolument pas crus. Ces communiqués triomphaux avaient pour seule fonction d'exhorter à se battre jusqu'à la mort. De même, aujourd'hui, on ne croit pas davantage aux messages délivré par JP Raffarin quand il promet sur TF1 « une baisse du chômage, une réforme pour réussir l'école et une lutte contre la vie chère » (19 septembre 2004). L'incohérence ne fait absolument pas peur à cette langue. Ainsi personne ne croit à l'idée que si les entreprises licencient c'est « pour sauver des emplois » ou que si on réduit les remboursements médicaux c'est « pour sauver l'assurance maladie » etc. (merveilleuses inversions des choses). De même, dans les stages de formation des entreprises, personne ne croit à ce qui est dit. Ce qui compte c'est que chacun fasse semblant d'y croire de façon à ce que le dominant puisse continuer en toute quiétude a exiger des sacrifices de la part des dominés.

 


Le deuxième point commun entre la LQR et la LTI, c'est l'importance du recours à l'euphémisme afin d'obtenir le consensus. Par exemple, au sujet des contrats « Nouvelles Embauches » le Monde du 02 août 2005 titre « Le gouvernement assouplit le droit du licenciement ». Comme le fait remarquer Eric Hazan « Assouplir» c'est rendre moins rigide, plus flexible. La flexibilité est un thème cher aux libéraux mais « Assouplir » c'est moins connoté politiquement, c'est positif. Mais qu'est ce qu'un droit du licenciement souple si ce n'est une remise en cause du droit du licenciement ? L'euphémisme est sans aucun doute le procédé le plus couramment utilisé dans la LQR.


Le troisième point commun entre la LQR et la LTI, c'est le caractère performatif de ce langage. Au sujet des lois sécuritaires qui se développent après le 11 septembre 2001, Hazan estime que « ces mesures spectaculaires ne sont peut-être pas le plus important de l'affaire » et que la dérive sémantique qui en a résulté « aura peut-être un impact plus durable que les décrets, arrêtés et lois abrogeables du jour au lendemain ». Il dit « C'est que les faits de langage sont plus têtus que les autres, et surtout qu'ils sont performatifs : par leur apparition, ils révèlent des tendances qu'ils contribuent ensuite à renforcer, contaminant par ondes successives d'autres milieux, d'autres castes, d'autres médias ». Loïc Wacquant ne dit pas autre chose. Selon lui, la pornographie sécuritaire engendre un climat d'insécurité, qui engendre à son tour un accroissement des exigences en matière de sécurité, une chasse à la petite délinquance donc une augmentation des statistiques de la délinquance, avec en retour un accroissement des exigences en matière de sécurité etc. Autrement dit, c'est-à-dire un langage qui ne se contente donc pas de nommer les choses mais qui, en même temps qu'il nomme une réalité, la crée. Puisqu'elle crée une réalité conforme aux discours néolibéral, la LQR est donc à la fois une émanation du néo-libéralisme et son instrument.


Le quatrième point commun entre la LQR et la LTI : c'est un langage qui n'induit aucune immunité (annexe 6). Ce langage envahit notre quotidien. Un jour, lors d'un débat organisé par Attac à Douchy, une personne me dit « j'ai bien aimé mais ce qui m'a agacé c'est qu'Attac est quand même là pour faire sa publicité ». Ainsi, les associations qui luttent contre la marchandisation auraient pour seul but de « vendre » quelque-chose ! Dans le langage courant, vendre est devenu synonyme de convaincre ou persuader. « On ne convainc plus quelqu'un, on lui vend une idée. On ne persuade plus un patron de vous embaucher, on se vend à lui. La LQR contribue donc à naturaliser les rapports marchands : les rapports humains se calquent sur des rapports mercantiles. Pire, la LQR est un langage qui s'insinue y compris chez ceux qu'elle aide à opprimer. Déjà durant la guerre, Victor Klemperer montre comment les juifs eux-mêmes intériorisent la langue des nazis. Il donne l'exemple d'un docteur juif qui avait pris l'habitude de s'adresser aux autres juifs en faisant précéder leur nom de la mention « juif » : « Juif Löwenstein, utilise telle machine »« Juif Mahn, voilà ton certificat » etc. Ce qui était au départ un moyen de railler le Führer, devient progressivement un langage d'humiliation volontaire de soi. Comme le montre Pierre Bourdieu, des militants qui se pensent encore progressistes ratifient à leur tour la novlangue américaine quand ils fondent leurs analyses sur les termes « exclusion »« minorités »« identité »« multiculturalisme ». Sans oublier « mondialisation »« développement durable »« altermondialisme » (pour la critique de ces mots, voir les annexes)

 Une des raisons fondamentales de ce que cette langue soit reprise par le plus grand nombre, c'est qu'elle n'est pas une langue compliquée. Contrairement à l'argot ou au parler des banlieues, elle crée peu de mots. Contrairement au langage des scientifiques, elle n'est pas une langue savante : elle s'appuie sur des notions vagues et interchangeables (ex : réforme, modernisation). C'est une langue qui, comme le montre Pierre Bourdieu, s'appuie sur une série d'oppositions et d'équivalences grossières

 II. Mots, tournures, procédés

Fonctions de l'Euphémisme

Le principal objectif des euphémismes nombreux dont se compose la LQR, c'est le contournement - évitement d'un autre mot ou d'autres formulations plus gênantes car connotées négativement ou remettant en cause la légitimité du système ou des politiques menées (annexe 8)
L'euphémisme peut par exemple permettre de dédouaner les bourreaux et de les faire passer pour des bienfaiteurs. Ainsi, ne parle t'on pas au journal télévisé de bombardements mais de frappes préventives, de massacre de civils mais de dégâts collatéraux, d'occupation mais d'offensive, d'assassinat mais de bavure (le 7 octobre 2004 Libération titre « Bavure » au sujet du meurtre d'une écolière palestinienne par des soldats israéliens qui « avaient pris son cartable pour une charge explosive »)

 Le recours aux anglicismes est très fréquent dans le processus d'euphémisation.
« corporate governance » (aux USA : direction des entreprises par leurs actionnaires) se substitue à direction (trop disciplinaire) et à management (mot ancien dans la novlangue mais trop technocratique). « Gouvernance mondiale » (provenant de corporate governance)  se substitue à gouvernement (trop étatique)
- On ne dit pas cadre (trop hiérarchique) mais « coach »« manager » (ils animent plus qu'ils ne contrôlent). 
- On ne dit pas sous-prolétariat mais under-class
La LQR n'est pas une langue figée. C'est une langue capable de renchérir sur ses inventions. Ainsi est-on passé d'infirmes à Handicapés puis mal entendantsmal voyants etc. De même, on est passé d'Absorption, fusion, concentration à Restructuration ou réorganisation industrielle puis Offre publique d'achat et enfin Intégration des entreprisesPays sous-développés (trop ethnocentrique) et Tiers-monde (évoquant les luttes de libération des années 60) ont cédé la place à pays en développement ou en voie de développement puis à pays émergents.

Un renversement de la dénégation freudienne ?

Dans le langage psychanalytique, la dénégation est l'expression sur le mode du refus d'un désir refoulé (exemple de la chanson « arrête, arrête ne me touche pas »). La LQR produit l'inverse : on prétend avoir ce qu'on a pas, on se félicite le plus de ce qu'on possède le moins (annexes 9 et 10). Par exemple, les mots dialogue, échange, communication, ensemble ont proliféré dans une période où tout concourt à l'isolement. Autre exemple, alors même que l'on compte un nombre inhabituel d'escrocs et de menteurs au plus haut niveau des grandes sociétés, des partis ou de l'Etat, les oligarques et leur personnel de haut rang sont présentés comme « nos élites » (notons que lorsqu'il s'agit de la Russie post-soviétique, c'est le mot « oligarque » qui est utilisé pour désigner les mêmes personnes). De même, la LQR recourt fortement au registre de l'humanisme, de l'éthique, de la morale ou de la démocratie : ressources humaines, capitalisme ou taylorisme à visage humain, placements éthiques, transparence … Enfin, alors même que l'uniformisation et l'inégalité progressent partout, la LQR recourt fortement au registre de la « diversité dans l'égalité ». Dans une société rongée par un apartheid rampant et afin de jouer à plein l'autojustification préventive et de s'écarter sans risque des positions lepénistes, de la xénophobie et du racisme ambiants, on exalte la diversité, le métissage, le multi ou le pluriculturalismela tolérancel'ouverturele respect des minoritésdes identités. Parallèlement l'anathème est lancé sur le communautarisme, l'identitaire, le repli ethnique et on célèbre l'universalité de la République. Amen.

L'essorage sémantique

Forgé par des publicitaires et des experts en communication, la LQR fonctionne sur la répétition et à force de répétition un mot clair et utile finit par perdre son sens, ce que Hazan appelle l'essorage sémantique (annexe 11). Par exemple, les mots « Utopie » (dont le sens s'est modifié pour signifier que toute mise en cause de l'ordre existant relève de la rêverie) ou « écologie » (utilisé à tour de bras dans la grande distribution et l'industrie automobile : être écologique c'est renouveler sa voiture plus souvent !) 
L'exemple de l'adjectif « social » est particulièrement révélateur. Alors que dans la seconde moitié du XX° la Sociale c'était le peuple au pouvoir, aujourd'hui social se rapporte à tout ce qui est réalisé pour faire accepter leur sort aux catégories les plus défavorisées.
 
L'essorage sémantique peut contribuer à transformer les victimes en coupables. Ainsi en va-t-il lorsqu'on emploie les mots « privilèges » ou « privilégiés ».

III. L'esprit du temps
 
Société civile


C'est chez Thomas Paine (Common Sense Adressed to the Inhabitants of América 1776) que Michel Foucault identifie la première apparition de l'opposition société civile / gouvernement. Plus tard Karl Marx réglera son compte à la dualité Etat/ société civile« L'Etat politique se comporte envers la société civile d'une manière aussi spiritualiste que le ciel envers la terre. (…) Dans sa réalité la plus immédiate, dans la société civile, l'homme est un être profane. Et c'est justement là où (…) il passe pour un individu réel, qu'il est une figure sans vérité. En revanche, dans l'Etat, (…) l'homme est le membre imaginaire d'une société illusoire, dépouillé de sa vie réelle d'individu et empli d'une universalité irréelle »
L'exaltation de la société civile (annexe 12) vise deux objectifs :

Dévaloriser le politique, l'Etat

Se servir des relais qu'offre la société civile pour appuyer la mise en œuvre de la politique gouvernementale

 

Valeurs universelles

L'exaltation des valeurs universelles (annexe 13), dont la France est supposée porteuse, relève de l'inversion de dénégation freudienne (se féliciter pour ce qu'on possède le moins ou pour ce qu'on est le moins). Ainsi la France est le pays des droits de l'homme, une terre d'accueil. Dans Le requin et la mouette (2004), livre qualifié d'humaniste par la critique aux ordres, Dominique de Villepin souhaite parvenir à « 20 000 éloignements (admirez l'euphémisme) d'étrangers en situation irrégulière en 2005 »
Sous la III° République, il était question de la mission civilisatrice de la France. Mais les manuels scolaires continuent à maintenir l'équilibre entre crimes et « bienfaits » de la colonisation française, toujours présentée comme plus humaine que les autres. Le devoir de mémoire (formule due à Mitterrand) correspond en fait à une formule de négationnisme.

Les nobles sentiments


Il s'agit ici des nobles sentiments des « élites dirigeantes » (annexe 14). L'objectif est de les présenter comme une sorte de bon père, sévère mais bienveillant. Côté père fouettard , on est déterminé contre le terrorisme, on est résolu, responsable, inflexible quant à la question des procédures d'éloignement, on fait preuve de rigueur, de fermeté absolue ou sans faille face à la délinquance. On est décidé à une tolérance zéro, on accepte plus les zones de non-droit, tous les laxismes hérités de 1968. Dans ce registre abondant : le mot courage.
Il ne faut bien évidemment pas que nos dirigeants inflexibles passent pour inhumains. C'est pourquoi au côté père fouettard est toujours associé un côté bienveillance. A titre d'exemple :
« Il n'est pas acceptable que le progrès économique ne soit pas partagé par tous. (...) Ces difficultés, ces drames, cette fracture sociale qui menace de s'élargir en une fracture urbaine, ethnique et parfois même religieuse, ne sont pas des fatalités » (Le président de la République le 21 octobre 2003 à Valenciennes.)

Une sémantique « antiterroriste »

Malgré son affinité affichée pour le divers et le multiple, la LQR a une prédilection pour les mots les plus globalisants, propres à en imposer aux masses mais qui sont parfaitement creux. Ainsi, de la même façon qu'on plaçait sous la rubrique «barbare» tout ce qui n'était pas grec, on réalise un amalgame de tous les basanés dans des catégories globales telles que « intégrisme»«fondamentalisme»«arabo-musulman» etc. Ces expressions sont toujours associées à repli communautaire, islamiste, Al-Qaida, guerre des civilisations etc. (annexe 15)
La LQR dispose aussi d'expressions comme maghrébin, issu de l'immigration destinées à faire basculer les Arabes citoyens français dans le grand amalgame des arabo-musulmans
Quand elle le peut, la LQR n'hésite bien évidemment pas à faire basculer les syndicalistes ou les jeunes en révolte dans la rubrique des criminels et terroristes en tout genre. Ainsi parle t'on de prise en otage des usagers du RER (métaphore criminelle) par les grévistes, de criminalité organisée au sujet de délits mineurs. Rappelons que Philippe Henriot, secrétaire d'Etat à l'information du gouvernement de Vichy, qualifiait les résistants de terroristes. Le lendemain de ses funérailles (il fut abattu par un corps franc en avril 1944), on pouvait dans le journal de la Milice Combats : « Philippe Henriot, nous vous renouvelons la promesse de combattre, pour gagner, pour débarrasser la France   de ces bandes de pillards qui terrorisent nos provinces ». Aujourd'hui encore dans les journaux télévisés, les mouvements de résistance contre l'oppression sont qualifiés de mouvements rebelles ou terroristes. Les actes de rébellion sont quant à eux qualifiés de pillage ou d'attentat.

L'effroi, la violence

Dans la LQR, les sujets de trouble sont habituellement traités par les médias et politiciens dans un langage plutôt neutre et technique d'où sont exclus les excès verbaux. Il ne faudrait pas que l'effroi de la bourgeoisie dirigeante se répande. Mais il est un domaine où la langue publique conserve ou retrouve les mots de l'effroi et de la violence : quand se déroule le combat planétaire de l'homme blanc, dans la guerre civile qui l'oppose à l'arabo-musulman (que ce soit à l'échelle mondiale ou à l'intérieur des frontières).
Un exemple parmi d'autres : Dans J'ai vu finir le monde ancien (Grasset 2002), le livre d'Alexandre Adler qui a reçu le Prix du livre politique 2003 (jury présidé par Philippe Sollers et où siégeaient Joffrin et Elkabbach), on lit « L'antiaméricanisme est un sentiment fascisant qui, de fait, se trouve en sympathie avec le « fascisme musulman » propagé par les islamistes ». De même on ne manque pas d'insulter les adversaires d'Israël selon des procédés identiques. Autre exemple, lorsque Sarkozy propose en juin 2005 de nettoyer au Kärcher la Cité des 400 à la Courneuve.
 
On peut se demander pourquoi la LQR d'ordinaire portée à l'euphémisme et au conformisme anesthésiant, peut ainsi déraper. En réalité, il existe une répartition des rôles entre d'un côté les idéologues du nettoyage généralisé (de Kaboul à la Courneuve) et ceux qui ont choisi comme combat le maintien des fictions républicaines et réformistes. Si pour les seconds la bienséance est de rigueur, pour les premiers, la langue publique la plus adaptée est celle de l'intimidation.


IV. Effacer la division

L'un des mots les plus fortement associé à l'Athènes classique est démocratie. Or dans la Grèce antique le mot démocratie est étrangement absent de l'éloquence civique ou du récit des historiens. Kratos (la supériorité, la victoire) suggère la victoire d'une partie de la cité sur une autre (ce qui revient à renoncer au fantasme d'une cité une et indivisible). Le mot est évité en recourant à d'autres mots comme politeia (« constitution »), polis (« la cité »). Le sens premier est modifié (la « bonne démocratie »). Les cités d'alors semblent refuser d'admettre que dans l'exercice du politique, il puisse y avoir place pour du kratos, qu'il y ait eu victoire d'une partie de la cité sur une autre (ce qui revient à renoncer au fantasme d'une cité une et indivisible).


L'histoire n'est donc pas le seul terrain où se joue l'effacement de la division. Il y a aussi l'usage des mots. L'Athènes du IV° siècle et la V° République du XXI° sont en fait confrontés à la même question : comment occulter le litige, comment faire régner l'illusion de la cité unie, autrement dit comment éliminer la politique ? On peut distinguer trois modes opératoires : l'évitement des mots du litige, le recollage permanent des morceaux, le recours à l'éthique (annexe 16). La LQR est incontestablement la langue du consensus (annexe 17).

L'évitement des mots du litige


La chute du mur de Berlin et l'éclatement du bloc communiste ont été l'occasion d'un formidable nettoyage sémantique. Le point commun de ces mots défunts : ils font partie du vocabulaire de la lutte des classes. Lutte des classes, dictature du prolétariat, marxisme-léninisme ont disparu au profit des droits de l'homme et de la liberté d'entreprendre. Au sujet du mot « classes », Hazan dit : « Même la classe moyenne n'a plus la côte de naguère, elle dont le développement illimité, phagocytant les « extrêmes » a été l'idéal des penseurs modérés depuis Aristote ». Dans les expressions, couches, tranches, catégories on a autant de chance de rencontrer du conflit que dans une tranche de cake ou une couche de béchamel. De même opprimés, exploités existent encore au loin dans les favelas brésiliennes Le recollage permanent des morceaux ou les sweatshops asiatiques mais plus dans la démocratie libérale.


Afin d'éviter le pire il est parfois plus judicieux de réparer les mailles du filet en reconnaissant l'existence d'un conflit mais en expliquant que ceux qui expriment un désaccord ne sont pas des ennemis, ni même des adversaires. Ils sont tout simplement dans l'erreur car mal informés ou parce que leur niveau intellectuel ne leur permet pas d'avoir une vue juste du problème posé. Deux exemples :

Après le non du 29 mai 2005, tous les médias ont souligné que « la France du non » était surtout rurale et peu diplômée, jeune et peu fortunée. Bref si le non l'a emporté c'est à cause de jeunes ploucs sans argent ni éducation. On ne saurait leur en vouloir d'avoir mal voté. On leur a mal expliqué.

Lors de l'élection présidentielle de 2002, le recollage des morceaux s'est réalisé au nom de la lutte contre l'extrémisme et avec un certain succès puisque Chirac a été élu avec un score historique.

 

Il s'agit ensuite de faire croire à la population, qu'ils ne sont pas que des numéros tout en les maintenant dans le rang. Les cadres des années 1960 dont l'autorité reposait sur la stabilité et la hiérarchie ont été remplacés par des managers, des coaches, chargés non plus de contrôler mais d'animer. Ils sont intuitifs, humanistes, créatifs. Jamais dans les entreprises ont a autant parlé de confiance, de projet d'entreprise : fantasme d'une entreprise une et indivisible servant de substitut symbolique à l'entreprise de papa où on travaillait toute sa vie et où l'on montait les échelons un à un.
 
Pour donner corps à l'illusion de la cité unie, l'un des principaux procédés est la répétition :

Depuis les grèves de 95, le mot ensemble a proliféré : « vivre ensemble » (pub RTL), « lutter ensemble pour l'environnement, le pouvoir d'achat etc. » (grandes surfaces). Idem pour les expressions « rassembler », « rassemblement », « unité », « solidarité » (on pense à la vignette automobile de Paul Ramadier et au lundi de Pencôte non chômé de Raffarin), « solidaire » (économie solidaire). On devrait se souvenir que dans les années 30, le mouvement fasciste fondé par le parfumeur François Coty s'appelait la Solidarité française.

Il faut également montrer que les gouvernants ou dirigeants d'entreprises ne sont pas des oligarques « hors du commun » et ayant perdu contact avec la base. D'où le déni obsessionnel et pathétique qui consiste à marteler les mots « écoute », « proximité », « terrain ». Si le commerce de proximité est censé contrebalancer l'anonymat des grandes surfaces, ce qu'on cherche surtout à rapprocher de la population ce sont les institutions de la violence légale : justice de proximité, police de proximité. Quand au terrain, les ministres ne cessent de l'arpenter, en tous sens et en toutes saisons.

 

Le recours à l'éthique

Depuis vingt ans, on a vu proliférer des comités d'éthique (dont la composition fait parfois sourire ou pleurer). A d'autres institutions on demande de se prononcer sur le bien et le mal dans des domaines aussi variés que la bourse, le sport ou l'impartialité de l'information. L'équilibre est le mot clef de ces comités. Le comité d'éthique du CNRS sensibilise les chercheurs à la nécessité de garantir un juste équilibre entre leur liberté intellectuelle et leurs devoirs vis-à-vis du CNRS et de la société (curieuse proposition)
Retour donc à la bonne vieille morale, aux valeurs transcendantes, au sens du sacré. Si tout ne vas pas dans le meilleur des mondes possibles, c'est qu'il y a des fautes qui viennent troubler l'équilibre du marché. De vilains individus transgressent la norme morale régissant le processus d'accumulation des richesses. Pour calmer les inquiétudes devant un chaos chroniques, les analystes financiers mettent en cause le manque de rigueur, de transparence. Dans Et la vertu sauvera le monde (raisons d'agir 2003), Frédéric Lordon montre que le mécanisme premier qui mène aux malversations c'est bien la déréglementation financière. En attribuant les vices du système politico-financier au manque de vertu de certains dirigeants, on fait coup double :

D'un côté les censeurs manifestent leur courage et leur indépendance

De l'autre, on fournit à l'essentiel des maux des explications tenants à des personnes

L'article de Michel Rocard, paru dans Le Monde du 5 mars 2008, pour soutenir Parisot dans sa démarche de moralisation du capitalisme, illustre parfaitement ces faux problèmes éthiquement montés en épingle pour éviter les questions gênantes.
 
Conclusion 
Le travail de Klemperer puis d'Eric Hazan doit attirer notre attention sur le rôle du langage dans la construction d'un ordre économique et social et la représentation que l'on se fait de cet ordre. Car ce n'est pas seulement la pensée qui produit le langage, c'est aussi le langage qui fait la pensée.

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Annexe 2 :
Marché, Etat et sécurité sociale : analyse de quelques mots ou expressions 
D'après des textes réalisés par Les amis du Monde Diplomatique

 Déréglementation : Ce qui est dit dans le mot « déréglementation », c'est qu'il y a moins de règlements donc plus de libertés. Or la déréglementation ce n'est pas le recul de la réglementation, c'est la transformation de la nature de la réglementation (reréglementation)


Obligatoire : Dans le langage néo-libéral, s'applique aux prélèvements fiscaux (impôts) ou parafiscaux (santé, vieillesse), et s'oppose à volontaire. Est considéré comme obligatoire le supplément exigé, en fonction du revenu, pour couvrir les risques des assurés moins riches que soi. Il s'agit donc d'une extorsion, manifestation archaïque d'un pays qui n'est pas entré dans la modernité.


Volontaire : Adjectif s'opposant à obligatoire et qualifiant le seul type de cotisations admises pour couvrir les dépenses de santé ou à de retraite. Dans la pensée néolibérale, chaque individu cotise volontairement, pour le niveau de couverture (santé ou vieillesse) qu'il désire, étant entendu que ce niveau sera d'autant plus élevé que la cotisation sera plus importante. Ainsi, le pauvre choisira-t-il volontairement de ne pas être couvert contre les traitements les plus onéreux. Il endurera volontairement des coliques néphrétiques, patientera volontairement des mois durant avant une opération, perdra volontairement ses dents avant 40 ans, prendra volontairement son parti de ne pas faire soigner ses enfants, et, bien évidemment, passera volontairement de vie à trépas.


Train de vie de l'Etat : Cette métaphore « ménagère » suggère insidieusement que l'Etat dilapide l'argent des contribuables dans des dépenses somptuaires (chasses présidentielles, soupers fins, voitures de fonction). En fait, ces chapitres de dépense, pour scandaleux qu'ils soient, ne sont que broutilles. L'expression vise en réalité les dépenses d'éducation, de santé et de redistribution sociale, qui représentent une tout autre part des dépenses publiques.


Racket : Selon le Robert historique de la langue française, mot d'origine américaine, désignant une association de malfaiteurs se livrant au chantage et à l'intimidation pour extorquer des fonds. Dans le langage néo-libéral, toujours associé à l'adjectif fiscal, pour souligner l'illégitimité des prélèvements publics, et, plus largement, l'illégitimité de toute structure politique.


Problème des retraites : La retraite est une situation d'une personne qui, à un âge donné, a cessé de travailler, et qui touche une pension. Cette personne, aux yeux des néo-libéraux, est cause de scandale, puisque payée à ne rien faire. Ce scandale doit cesser. La retraite est donc associée à des termes comme question, problème, aveuglement, à des expressions comme situation explosive, bombe à retardement (métaphores guerrières destinées accentuer le caractère dramatique d'une situation), aller droit dans le mur (métaphore routière poursuivant le même but). L'objet de tout ce tintamarre est de reculer l'âge de départ à la retraite (si possible indéfiniment) et de baisser les pensions (si possible infiniment) afin de promouvoir les fonds de pension.


Charges sociales : L'emploi de l'expression « charge sociale » en lieu et place de « cotisation sociale » est très fréquent. Une charge c'est lourd donc pénible. L'alléger est toujours un soulagement. L'expression est donc à rapprocher de toute la rhétorique autour du thème du poids de la fiscalité. En réalité, les cotisations sociales ne constituent pas des prélèvements ou une taxe sur le travail. Elles sont un élément indissociable du salaire (salaire socialisé ou mutualisé). Pour les salariés, elles ne constituent donc ni un prélèvement, ni une charge mais un supplément. La cotisation sociale est constitutive de la reconnaissance sociale du travail.


Annexe 3 :
 
Le rôle croissant des experts et sa traduction sémantique : le mot « problème »
Problème : Les questions de société sont toujours présentées sous la forme de « problèmes » techniques très segmentés. Valéry Giscard d'Estaing, jeune ministre des finances de Pompidou, a beaucoup agit en faveur de la diffusion du mot « problème », notamment parce que ses origines aristocrato auvergnate lui faisait prononcer à la façon d'un bêlement : «Problaîme». Auparavant on parlait de « question » (« question d'Orient », « question sociale » etc.) mais à une question plusieurs réponses sont possibles (souvent multiples et contradictoires). Un problème lui n'admet en général qu'une solution et une seule (surtout lorsqu'il est posé en termes chiffrés). La démonstration, toujours présentée comme objective, obéit à des règles déterminées par des spécialistes. Passer de la question au problème c'est donc nier l'existence de conflits idéologiques et passer du débat public au travail d'expert.

Annexe 5 : 
Une langue qui a du mal à masquer son mépris


Populisme, populiste

(D'après un article du Plan B) : Le lendemain du 29 mai 2005, Serge July s'indignait de cette « épidémie de populisme» De nombreux experts de la gauche moderne repèrent les mêmes symptômes : « Le Non néerlandais renvoie en écho au Non français un même mot, "populisme" », « Les gouvernements de droite comme de gauche n'ont cessé de flatter le populisme » (Libération, 2.6.05 et 25.5.05), etc. Cette maladie populaire paraît d'autant plus grave que sexuellement transmissible, « pareille à une "vérole" antidémocratique que la France aurait propagée à travers l'Europe » (Alain Minc dans Le Figaro, 11.4.05), et importée d'un Venezuela où « Chavez le populiste » (17.2.05) fait régner un « populisme foncier ».

Autrefois on couronnait de ce terme, « populiste », les meilleures plumes. En 1953, Yves Gibeau, l'auteur d'Allons z'enfants et de Mourir idiot, avait reçu le Prix du Roman populiste pour Les Gros Sous. On avait également remis cette distinction à Louis Guilloux, à Eugène Dabit, à Maurice Carême, à René Fallet, etc. Le populisme est selon le dictionnaire une « École littéraire qui cherche, dans les romans, à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple ». Que les journalistes aient sali, volé, trahi ce mot, qu'ils l'aient retourné en une insulte est le symbole d'un abandon, d'un reniement. Signe de leur renoncement à faire exister, dans leurs médias, ces « gens du peuple ». Le petit milieu de journalistes, d'artistes, de politiques, d'intellectuels qui s'alarme du « discours populiste de Pierre Bourdieu », du « vertige populiste » qui saisit l'Europe, de cette « dégénérescence plébéienne, parfois même populacière, de la démocratie », est un microcosme parisien constituant le « gratin » des classes moyennes. Un « gratin » qui vote à 60 % pour le Oui (contre 79 % des ouvriers pour le non, 67 % des employés, 71 % des chômeurs, d'après la Sofres). C'est ce même « gratin » qui frôle la syncope en pénétrant dans un HLM à Outreau : « Monter les marches qui mènent vers les appartements [...], c'est pénétrer dans un autre univers. [...] Ici, on cuisine un chou au son criard d'une télévision. Là, un couple se dispute violemment. » etc. (Le Nouvel Observateur du 24.1.02).


Egalitarisme :

Doctrine visant l'égalité par nivellement des couches les plus favorisées. Ce terme, à connotation péjorative, exclusivement utilisé par la droite pour déconsidérer la gauche, est révélateur en ce que le locuteur se place non du côté de celui qui veut s'élever, mais de celui qui craint qu'on l'abaisse. Il est révélateur en ce qu'au lieu de penser au nécessaire dont est privé celui qui aspire à l'égalité (toit,santé, éducation, retraite), ce même locuteur appréhende pour le superflu (golf, véhicule 4x4, caviar, Seychelles) dont il s'imagine qu'on va le priver. Il est révélateur en ce qu'il établit un lien entre la richesse des uns et la pauvreté des autres. Il est révélateur en ce qu'il lui apparaît moralement nécessaire que certains soient récompensés dans l'exacte mesure où d'autres sont punis. Celui qui prononce le mot égalitarisme pense : « C'est bien beau d'être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas ».


Sous (dans des expressions comme sous-continent sud-américain) :

Le sous signifie « subdivision de ». Et on pourrait parler, tout aussi valablement, du sous-continent nord-américain. En fait, ce sous signifie «sous développé», «sous-démocratique», «subordonné». Et cette notion est insidieusement confortée par la représentation cartographique, qui place l'Amérique latine sous l'Amérique anglophone. S'emploie aussi, avec la même intention, pour parler de la péninsule indienne (Pakistan, Inde, Bangladesh).


Tendance :

Le Forum Social de Porto Alegre [de 2002] est "tendance" pour le Chroniqueur économiquement correct. Autrement dit, le Forum Social ne serait que le Festival de Cannes du monde socio-politique, selon les dires de ce chroniqueur. Plutôt que de s'opposer idéologiquement à ce Forum, il en vide la substance en le réduisant à un événement purement démagogique (fait indéniable pour cause de campagne électorale en perspective mais qui ne saurait être le qualificatif exclusif de cette rencontre). De tels propos cherchent donc à nier l'existence d'une réelle alternative au monde néo-libéral ambiant, ainsi qu'à rallier le grand public en invoquant l'argument fallacieux qu'est la démagogie. Par contre, pour le Chroniqueur économiquement correct, choisir New York (et non Davos) pour le Forum Economique de 2002 n'est pas du tout tendance.


Théologiques :

Qui traite de Dieu et des questions liées à la religion. Par extension, entendre débats byzantins, ergotant à l'infini sur des points de détail à mille lieues de la vie réelle. Se dit de tous les points qui occupent la pensée des hommes politiques, journaux ou syndicats français (en général de gauche) et portant sur la réduction de la durée du travail, la redistribution des richesses, la protection des salariés, la Sécurité sociale, etc.


Sacro-saint :

Employé ironiquement pour désigner une institution vis-à-vis de laquelle on manifeste un respect exagéré. Se dit de la durée quotidienne ou hebdomadaire du travail, des congés payés, du salaire minimum, de la retraite par répartition. Ex de phrase : les ouvriers s'accrochent à leur sacro-sainte pause déjeuner. Traduction : ils refusent de travailler 11 heures d'affilée pour saboter le repas de leur patron chez Lasserre.


Vaches sacrées :

Animaux étiques, sans viande ni lait, qui vaquent paisiblement dans les rues indiennes, immobilisant par caprice toute la circulation sans qu'on puisse les déloger – sauf à se faire lyncher par la population. Par extension, se dit des institutions archaïques (SMIG, Sécurité Sociale, droit de grève, droit à la retraite, congés payés, droit du travail), permettant aux ratés (pauvres, smicards, titulaires du RMI) de narguer les décideurs en bloquant les bolides de l'économie, alors qu'il serait si simple de les faire déguerpir à grands coups de pied dans le bas du dos.


Dégraissage, dégraisser : Au sens propre, enlever la graisse. Depuis 1974, date de la crise pétrolière – et de la crise tout court – le mot s'emploie pour «effectuer des économies », en taillant dans les effectifs d'une entreprise, les salariés de celle-ci étant substantivés en graisse, donc en matière superflue, laide, inutile, néfaste. Il faut bien se représenter ceci : l'être humain est ravalé au rang de la matière. C'est l'essence du racisme, qui noie le sujet dans la masse indistincte de son «espèce ». Conseil pratique : conserver bien au chaud, dans le creux de sa main, une gifle pour ceux qui profèrent cette insanité.

Annexe 6 :

Une gauche qui n'est pas immunisée
 
Extrait de l'article La nouvelle vulgate planétaire de Pierre Bourdieu dans le MONDE DIPLOMATIQUE de mai 2000 :
La diffusion de cette nouvelle vulgate planétaire - dont sont remarquablement absents capitalisme, classe, exploitation, domination, inégalité, autant de vocables péremptoirement révoqués sous prétexte d'obsolescence ou d'impertinence présumées - est le produit d'un impérialisme proprement symbolique. Les effets en sont d'autant plus puissants et pernicieux que cet impérialisme est porté non seulement par les partisans de la révolution néolibérale, lesquels, sous couvert de modernisation, entendent refaire le monde en faisant table rase des conquêtes sociales et économiques résultant de cent ans de luttes sociales, et désormais dépeintes comme autant d'archaïsmes et d'obstacles au nouvel ordre naissant, mais aussi par des producteurs culturels (chercheurs, écrivains, artistes) et des militants de gauche qui, pour la grande majorité d'entre eux, se pensent toujours comme progressistes.


Développement, développement durable :

Les notions de développement et de progrès sont inconnues des sociétés qui n'ont pas vécu la révolution philosophique et scientifique du 18° et 19° siècle. Il n'existe donc pas d'autres formes de développement que le développement occidental, reposant sur la croissance. Or c'est bien le développement (puisqu'il n'y en a qu'un) qui est à l'origine des difficultés actuelles. Défendre le développement c'est donc « se tirer une balle dans le pied ». Pour les «anti-développement», la mise en œuvre de modèles économiques alternatifs n'est possible que si l'on « sort » de l'idéologie du « développement » ou du « progrès ». C'est bien parce que la notion de « développement - durable » ne remet pas en cause la croissance, que tous les gouvernements ou multinationales du monde se sont emparés de cette notion. En effet, dès l'origine, les institutions internationales (nations unies, banque mondiale …) envisagent la croissance comme une condition du « développement durable ». Cette notion repose sur le pari irréaliste que le maintien des équilibres écologiques ou sociaux est compatible avec la poursuite infinie de la croissance et que les recours industriels (nouvelles technologies) permettront de sortir de l'impasse. Défendre le développement durable, c'est donc ne rien vouloir changer sur le fond.


Alter mondialisme, autre mondialisation :

« Autre » est un adjectif commode qui permet de concilier sans frais acquiescement et refus. C'est le pendant d'un célèbre « oui, mais », une sorte de « non, mais », l'amorce d'une trahison. Ainsi dira-t-on « une autre mondialisation » pour exprimer un refus de la « mondialisation néo-libérale ». Mais, qu'est-ce que la mondialisation si ce n'est un euphémisme d'«impérialisme américain»  (ou plus précisément de la mise en coupe réglée de la planète par les puissances financières, sous l'égide des intérêts américains) ?


En réalité, il n'existe pas d'autre mondialisation que celle là. Bien sûr, « si tous les gars du monde voulaient se donner la main…tout autour de la terre…» il en irait peut-être autrement, mais il faudrait être bien naïf pour voir dans cette image poétique une figure possible de la mondialisation. Se dire partisan d'une autre mondialisation, fût-elle «citoyenne», c'est sauter le pas, c'est franchir le Rubicon, c'est faire la concession mortelle. Il faut, si nous voulons redonner un sens aux mots, et une pertinence aux idées, mettre un terme à ces formules euphémiques. Il n'y a qu'une seule manière aujourd'hui de s'opposer à la mondialisation, c'est d'être résolument anti-mondialiste.


ANNEXE 7 : Une langue qui s'appuie sur une série d'oppositions et d'équivalences
«  Comme toutes les mythologies de l'âge de la science, la nouvelle vulgate planétaire s'appuie sur une série d'oppositions et d'équivalences, qui se soutiennent et se répondent, pour dépeindre les transformations contemporaines des sociétés avancées : désengagement économique de l'Etat et renforcement de ses composantes policières et pénales, dérégulation des flux financiers et désencadrement du marché de l'emploi, réduction des protections sociales et célébration moralisatrice de la « responsabilité individuelle » 

(Extrait de l'article La nouvelle vulgate planétaire de Pierre Bourdieu dans le MONDE DIPLOMATIQUE de mai 2000)
Le marché et l'Etat dans la LQR (Source : La nouvelle vulgate planétaire - Pierre BOURDIEU - LE MONDE DIPLOMATIQUE - mai 2000)

                         Marché

    Etat

      liberté

      contrainte

      ouvert

      fermé

      flexible

      rigide

      dynamique, mouvant

      immobile, figé

      futur, nouveauté

      passé, dépassé

      croissance

      immobilisme, archaïsme

      individu, individualisme

      groupe, collectivisme

      diversité, authenticité

      uniformité, artificialité

      démocratique

      autocratique (« totalitaire »)

 

 

La modernité / L'archaïsme
 
Modernité, moderniser :

Sans avoir de penchant pour l'un ni pour l'autre, on peut remarquer que la modernité est toujours associée au libre échange, à la monnaie forte, à l'Europe du libéralisme et des privatisations, etc. tandis que l'archaïsme est associé au secteur public, au peuple, aux syndicats, à l'Etat "providence". Moderniser est le dernier avatar d'un concept connu également par les verbes et expressions restructurer, rationaliser, dégraisser, présenter un plan social, et qui ne signifie rien d'autre que licencier, jeter les gens à la rue, tailler dans les effectifs. Mais on n'est plus aussi grossier : on est moderne.


Archaïque (archaïsme) :

Traction hippomobile, lampe à pétrole, moulin à eau, impôt, salaire minimum, congés payés, grève, conventions collectives, retraite par répartition, refus de la Bourse. Les Français, non contents de garder leurs habitudes archaïques, s'y vautrent. Ainsi en est-il de leur regrettable réticence à l'égard de la Bourse, de leur attachement lamentable à des pratiques incompréhensibles, telle la réduction du temps de travail, que les pays étrangers considèrent avec la condescendance qui sied à ce genre de fantaisie. Superlatif : paléolithique. Interviewé sur son livre «Ma vérité sur la planète», CLAUDE ALLÈGRE affirme dans Matin Dimanche (mai 2007) qu'« il n'est pas réaliste de dire qu'il faut arrêter de se développer, de se déplacer en avion, d'utiliser la voiture. C'est une attitude négative, régressive mais surtout idiote, car personne ne suivra cette ligne qui nous ramène aux cavernes ».

Conservatisme :

Respect exagéré d'institutions absurdes, périmées, inefficaces et injustes. Parmi elles, S.M.I.C., retraite, congés payés, Sécurité Sociale, Code du Travail. Ce conservatisme nuit aux deux extrémités de l'échelle sociale : aux pauvres, auxquels il interdit de travailler pour un salaire de misère et aux investisseurs, qu'il décourage d'investir dans des pays abritant des institutions aussi obsolètes. Ce conservatisme prend aussi le nom de lourdeur (en général associée à bureaucratique), de rigidité (associé à culturelle), de corporatisme (associé à syndical), de crispation (associée à d'un autre âge).


Retard :

Dans le domaine économique et social, s'entend d'un niveau inférieur de la prospérité économique. Un pays où l'éventail des revenus est resserré est un pays en retard. Un pays où les riches s'enrichissent au détriment des pauvres est un pays en avance. Le retard se dit aussi de l'absence de possession d'un certain nombre d'objets d'autant plus précieux qu'ils sont inutiles, chers et ostentatoires : téléphone portable, micro-ordinateur, Palm-Pilot. Le retard consiste à faire ses courses au marché plutôt que par Internet et de se les faire livrer par des grouillots (baptisés emplois de proximité).


Eux / Nous 
Etrangers (pays) :

Les mêmes que l'on trouve dans la Communauté internationale. Les pays étrangers n'ont pas de prélèvements obligatoires, pas de Sécurité sociale (ou très peu), une administration respectueuse envers les riches, beaucoup d'actionnaires. Les pays étrangers sont donnés en exemple de dynamisme, de modernité.

Exception (française) : La France, par rapport aux pays étrangers, est une triste exception. Secteur public pléthorique (et inefficace), réglementation tatillonne (kafkaïenne), impôts et prélèvements confiscatoires. Elle doit marcher dans le bon sens car on ne peut avoir raison contre tous.

Au XVIe siècle, la France chrétienne s'est alliée aux Infidèles et a fait échec à Charles Quint. Au XVIIe siècle, durant la guerre de Trente ans, la France catholique s'est alliée aux hérétiques suédois contre les puissances catholiques, et l'Empereur a cédé. A partir de 1789, la France a défié l'Europe monarchique, et, au XIXe siècle, les principes révolutionnaires ont sapé les gouvernements d'Ancien Régime. Dans les années 30 du XXe siècle, la France, sur le continent, était un des rares pays à ne pas avoir sombré dans la dictature de droite. Les régimes de cette espèce ont fini dans le sang, l'opprobre ou le ridicule. De tout temps, des Français (Ligueurs, Dévots, Emigrés, fascistes, aujourd'hui ultralibéraux) n'ont vu dans leur pays qu'un clou qui dépasse et qu'il faut enfoncer à coups de marteau.


Franco-français :

Adjectif très prisé du Chroniqueur économiquement correct. Qualifie des préoccupations, des idées, des discussions, des moeurs dont ne sont pas affligés les pays étrangers. Il est franco-français de se demander si la retraite par capitalisation sert à quelque chose, il est franco-français de discuter du niveau du salaire minimum. Dans les pays étrangers les pauvres n'ont pas besoin de fonds de pension, ils sont morts avant (non sans avoir cotisé pour les riches). Ce qui est très franco-français est de se complaire dans des débats archaïques et des idées paléolithiques.


Bons ou mauvais élèves (de l'Europe, du F.M.I., de la Banque Mondiale, de l'O.C.D.E. etc.) :

Comme à l'école, le bon élève ne se distingue pas par ses facultés intellectuelles, mais par ses résultats et sa capacité à intérioriser les normes. Jeune, le bon élève apprend ses leçons, soigne ses devoirs ; adulte, le bon élève privatise, déréglemente, baisse les impôts. Le bon élève, qui sourit aux citations latines du professeur prépare le souple énarque, qui comprend à demi-mot les allusions du président de la multinationale et les traduit dans un projet de loi sans faiblesse. Un peu de servilité ne messied pas au bon élève : "Chef, chef, je peux tutoyer votre chien ?"

 

Réaliste / Utopique
 
Pragmatique :

Dans le langage moderne, qui recherche l'utilité et l'efficacité. Par glissement de sens, qui prend les choses telles qu'elles sont et ne cherche pas, au nom des idéologies, à les changer. Par exemple, une usine qui pollue exige d'énormes investissements pour être propre. Mais pourquoi exiger cela de ses propriétaires, qui risqueront alors de la transférer vers des cieux plus cléments ? On est donc pragmatique, on ne lui impose rien. Les ouvriers ont le S.M.I.C. en salaire et le cancer en prime.


Dogme :

Dans la bouche du Chroniqueur économiquement correct, désigne la retraite à 60 ans, le S.M.I.C, les conventions collectives. Synonymes : idéologies (au pluriel), politiquement correct, théologie, théologique


Idéologies :

Employé au pluriel, pour déconsidérer le concept. Pour un esprit superficiel, peut laisser penser qu'il s'agit des idéologies qui se sont succédé au cours du XXe siècle : socialisme, communisme, fascisme, nazisme, franquisme, justicialisme, salazarisme, etc. En fait, implicitement réservé aux seules idéologies de gauche, et même à la seule pensée de gauche en général (de Laurent Fabius à Arlette Laguiller). Est employé pour évoquer massacres, inefficacité économique, dictature. Est idéologique ce qui contribue à diminuer les revenus des plus riches. Très bien porté : confondre dans le même opprobre idéologies d'extrême droite et d'extrême gauche, exercice qu'affectionne Jean-François Revel.


Idéologique :

S'oppose à réalisme, pragmatisme. Assurer à chacun un logement décent, des soins de qualité, une éducation correcte est idéologique. Laisser croupir les pauvres dans des taudis, leur refuser l'accès aux soins, leur dispenser une éducation au rabais, les abrutir de télévision est réaliste.
 
Surréaliste : Dans le langage du Chroniqueur économiquement correct, tout ce qui entre en contradiction avec la réalité, définie par les marchés et les chefs d'entreprise. Sont donc surréalistes les 35 h, le SMIG, le droit de regard des syndicats, le Code du Travail, la taxe Tobin, la volonté de démantèlement des paradis fiscaux, etc. Pour le Chroniqueur économiquement correct, Bernard Thibault (secrétaire général de la C.G.T.) est le successeur d'André Breton.

Utopique :

Chimérique, illusoire, irréalisable : par exemple des services publics efficaces, un Etat économe des deniers publics, un impôt équitable. Prétendre réaliser l'utopie relèverait donc d'un manque de réalisme rédhibitoire ou d'une perversion surréaliste. N'étaient-ce pas ces trublions de mai 68 qui demandaient : « soyez réalistes : exigez l'impossible » ? A présent que l'ère de la rationalité et du pragmatisme est heureusement advenue, on est enfin débarrassé de ces scories idéologiques. Il n'est pourtant pas aussi assuré que l'on puisse ainsi congédier l'étymologie du mot et son histoire, ignorer par exemple que «utopie» signifie étymologiquement «d'aucun lieu», et que le mot a été créé, au XVIe siècle par Thomas More, pour brosser le tableau d'une société idéale. Dire que ce qui, aujourd'hui relève de l'utopie, ne trouvera jamais un commencement de réalisation, relève alors de l'interprétation et d'une conclusion plutôt hâtive. Qui peut assurer que l'utopie d'aujourd'hui ne nourrira pas la réalité de demain, et qu'il ne faut pas «vouloir l'impossible pour réaliser tout le possible» ?

Tabou / Politiquement correct


Il est tabou de dire qu'on veut supprimer le S.M.I.C., la Sécurité Sociale, la retraite par répartition. Ne plus avoir de tabou, c'est dire que les pauvres sont paresseux, incapables, moches, méchants et contrefaits. Ne plus avoir de tabou, c'est se moucher dans la nappe. Le « politiquement correct », expression voisine d'idéologique et d'idées de gauche, est une dictature de la pensée, qui empêche de qualifier le chômeur de paresseux, le fonctionnaire de vampire, le pauvre de rebut, l'Etat de parasite, la Sécurité Sociale de monstre, l'impôt de supplice, François Pinault de génie et Bill Gates de bienfaiteur de l'humanité.

Ouvert d'esprit, modéré, nuancé / Etroit d'esprit, extrémiste, manichéen

Les opposants à la mondialisation libérale, dont l'esprit est résolument étroit, sont peu enclins au dialogue. Ils imposent une véritable dictature de la pensée. Le mot modéré est un terme employé par le Chroniqueur économiquement correct, pour qualifier la gauche qui ne verse pas dans l'extrémisme d'Attac. Chacun sait que les pauvres perdent leurs dents très tôt, faute d'argent pour se les faire soigner. Eh bien, être "modéré" c'est penser que ces pauvres ont bien de la chance car ils pourront toujours manger du potage. Sont taxés de manichéens les jugements sans nuance de la gauche anti-libérale qui tranchent avec la finesse des analyses libérales (« Le chômage est volontaire »« Les partisans du Non sont d'extrême droite » etc.)
ANNEXE 8 : Merveilles de l'euphémisme
D'après des textes réalisés par Les amis du Monde Diplomatique et le l'ouvrage d'Eric Hazan LQR

 

    1. Annexe 16 : Effacer la division
      Effacement des rapports d'exploitation dans l'entreprise
Dans la LQR de l'entreprise, on ne dit pas … On dit …
Cadres Managers, coaches (contrairement au cadre, il ne contrôle pas : il anime)
Accroissement de la charge de travail des salariés, gains de productivité Satisfaction du client, respect des délais, qualité du service, autonomie, prise de responsabilité, projet …
    1. Effacement des pauvres et des riches
Dans la LQR, on ne dit pas … On dit …
Pauvres Exclus, couches défavorisées, gens modestes (ce qui implique une modération dans les exigences ; de la population des modestes émerge parfois une figure brillante dont les origines sont toujours soulignées)
Chômeurs Demandeurs d'emplois
Femme de ménage, surveillant général des lycées, jardinier ou promeneur de chiens etc. Agent d'entretien, conseiller principal d'éducation, emplois de service etc.
Riches Les classes moyennes supérieures, les élites
  1. Effacement des classes sociales et des conflits sociaux et idéologiques
  2. Dans la LQR, on ne dit pas …
  3. On dit …
  4. Classes
  5. Couches sociales (d'une rassurante horizontalité), 
  6. tranches (d'âge, de revenus, d'imposition), 
  7. catégories (socioprofessionnelles ou autres), milieux (financiers, cycliste, théâtral …) 
  8. Milieu Terme utile car il permet d'admettre l'hétérogénéité de la société (milieux d'affaires, milieu cycliste …) tout en évitant l'idée d'une division de la société en groupes d'intérêts contradictoires. Les milieux sont censés avoir des opinions, faites tantôt d'inquiétude (« les milieux financiers s'alarment de la montée du pétrole ») tantôt faites de satisfaction mais toujours unanimes. A l'inverse du meson des grecs (centre de la cité, qui était précisément le lieu de débat public), un milieu ne saurait être divisé.
  9. Prolétariat Classe ouvrière Opprimés Exploités
  10. Exclus. Il n'existe pas d'exclueurs identifiables contrairement aux exploiteurs du prolétariat : les exclus ne sont les victimes de personne. C'est pourquoi l'Etat se doit d'aider les exclus. Ce glissement sémantique amène donc à accepter que la lutte contre l'injustice soit remplacée par la compassion, l'action humanitaire. A « Jean Valjean » homme du peuple héroïque, succède le pitoyable exclu, défini d'aborrd par le fait d'être « sans » : sans parole, sans domicile, sans papiers, sans travail, sans droits. Mais attention, trop de compassion il ne faut. Dans une société où chacun est entrepreneur de soi-même, les exclus sont parfois (souvent) responsables de leur situation. C'est pourquoi pousser l'Etat à secourir les exclus est une tentation à laquelle il faut résister.
  11. Bourgeoisie Patrons Exploiteurs Classe dominante Oligarques
  12. Investisseurs (fonds de pension qui dans la réalité n'investissent pas mais s'enrichissent sur le marché financier), 
  13. milieux financiers ou d'affaires, marchés (autre nom de « Dieu »), 
  14. élites (relève du registre sportif plus que du domaine politique), 
  15. contraintes extérieures (expression vague et impérieuse qui signifie « les exploiteurs des autres pays »)
  16. Lutte des classes Conflit Grève Ennemis de classe
  17. Mouvement social, dialogue social, partenaires sociaux (syndicats et patrons sont des alliés qui oeuvrent ensemble au maintien de la paix sociale)
  18. Maintien de l'ordre social
  19. Maintien de la cohésion sociale
  20. Peuple (trop politique)
  21. Population (plus neutre), Consommateurs (contribue à naturaliser les rapports marchands)
  22. Tiers-monde (évoque trop les luttes de libération des années 60)
  23. Pays en voie de développement ou pays émergents
  24. Le préfixe « post »
    Le préfixe post donne à peu de frais l'illusion du mouvement là où il n'y en a pas. L'expression Post-colonialisme, par exemple, vise à faire oublier que le pillage continue et qu'en France sévissent toujours l'imaginaire et les pratiques coloniales (exemple de la loi du 10 février 2005 imposant aux programmes scolaires d' « accorder à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite »)
  25. L'expression post-taylorisme au sujet des nouvelles formes d'organisation du travail que l'on range sous l'expression de toyotisme, offre quant à lui l'avantage de renvoyer dans le passé la barbarie du travail parcellisé, alors même que le travail parcellisé et codifié s'étend partout, y compris dans les services (agents d'entretien, employés de la restauration, opérateurs téléphonique …)

L'expression société post-industrielle a l'avantage de renvoyer l'usine et les ouvriers dans le passé et du même coup la lutte des classes dans le placard des archaïsmes. 

Le recours à l'éthique pour créer le consensus
Ethiques, (fonds, placements) : Oxymore donnant une touche de moralité à la finance. Pour faire accepter aux Français englués dans leur archaïsme les fonds de pension salvateurs, on enveloppe ceux-ci sous un emballage seyant. Le raisonnement est le suivant : « Vos cotisations de retraite, versées dans des fonds de pension, sont placées en Bourse. Là, elles sont investies dans des entreprises respectant l'environnement, les lois du pays, les normes sociales et la morale (pas d'argent pour les fabricants de mines antipersonnel). Tout est alors pour le mieux dans le meilleur des mondes et grâce au capitalisme, les ouvriers sont maîtres des entreprises. 

Inutile de préciser que des fonds soumis à autant de contraintes sont d'un faible rapport ! En fait, leur but réel est de subvertir la démocratie, de retourner au suffrage censitaire, où l'individu n'a de droits qu'en tant que possédant. Les capitalistes sont certes supprimés, mais comme dans la célèbre anecdote où un ethnologue demande s'il n'y a plus d'anthropophages dans la tribu qu'il vient de découvrir, et à qui on répond : « Non, on a mangé le dernier à midi ».

Transparence : Le mot transparence est devenu le plus à la mode alors même que l'opacité politique, financière, policière est de plus en plus dense. La transparence est invoquée – et exigée – pour justifier aux yeux des actionnaires les rémunérations pharaoniques des hauts dirigeants : président directeur général, directeur général, président du conseil d'administration et autres élites. En effet, le péché suprême n'est pas de gagner beaucoup, mais de dissimuler ce que l'on gagne. 

Dans cette optique, un haut fonctionnaire des finances touchant une enveloppe de 50 000 francs non inscrite au budget est plus coupable qu'un P.D.G. auquel son actionnaire consent 200 millions en stocksoptions. Le scandale – le montant de la rémunération – est effacé par la grâce de la transparence. La « transparence » est même confiée aux renseignements généraux : « Dès mon arrivée au ministère (de l'intérieur) j'ai demandé à avoir une photographie la plus précise possible de la situation de l'islam en France. Car sans ce travail de transparence, c'est la peur qui l'emporte » (Dominique de Villepin, Le Parisien, 7 décembre 2004)
Exemple de l'article de Rocard pour soutenir Laurence Parisot dans sa démarche de moralisation du capitalisme : Dès la fondation du capitalisme, nombreux furent ceux qui remarquèrent qu'il avait d'autant plus besoin d'éthique qu'il avait moins besoin de règles. (…) Pour moi, la cause est entendue : le capitalisme sombre sous l'immoralité. Nous sommes en train de découvrir qu'il risque techniquement d'y succomber. (…) Le combat de Mme Parisot nous concerne donc tous : il ne s'agit pas seulement de redonner sa dignité à un système qui en a bien besoin, mais surtout de lui permettre de revenir à un fonctionnement efficace et régulier. Nous avons choisi la libre entreprise. Elle exige de bons patrons, respectables et intègres. Sans éthique forte, il n'y a plus de capitalisme. Il va probablement devenir nécessaire que la règle publique y pourvoie. (Michel Rocard – Tous derrière Laurence Parisot - Le Monde du 05 mars 2008)

 

ANNEXE  17 - La LQR : la langue du consensus
Naturaliser le libéralisme et générer un certain fatalisme

La LQR a parfois pour objectif d'opérer une certaine démoralisation de l'auditoire, d'engendrer un certain fatalisme face aux effets engendrés par la mondialisation néo-libérale. C'est le rôle de tous les discours fatalistes portant sur l'évolution, le poids des contraintes (budgétaires, extérieures), la vitesse des changements (« circulez y a rien à voir et y a rien à faire ! »), la mondialisation  etc.
  En réalité, la mondialisation n'a rien d'inéluctable. Elle est même en grande partie un mythe et comme le dit très justement Pierre Bourdieu, elle « n'est pas une nouvelle phase du capitalisme mais une « rhétorique » qu'invoquent les gouvernements pour justifier leur soumission volontaire aux marchés financiers ». Autrement dit, tout se passe à l'échelon national. 

Le mot évolution est un succédané du mot "Progrès", qui a pris un coup de vieux depuis qu'il s'est compromis dans des aventures douteuses (Hiroshima ou Tchernobyl, par exemple). « L'Evolution" est donc au "Progrès" ce que les œufs de lump sont au caviar : moins somptueux, mais moins ostentatoires et moins compromettants. Le mot "Evolution" ne présente que des avantages. Comme le mot "Progrès", il prend une majuscule, mais il peut de plus se prévaloir d'une caution scientifique incontestable : le darwinisme. 

Contester les vertus du libéralisme ou la nécessité de la mondialisation, c'est mettre en cause les lois sacrées de l'Evolution ; c'est offenser à la fois Darwin et la Science, l'Homme et la modernité. Peut-on imaginer un archaïsme plus désolant ? Qu'on se le dise : le Progrès est mort, vive l'Evolution. Mais à y bien penser, cette Evolution, n'est-ce pas la version modernisée du "Sens de l'Histoire" dont on nous parlait autrefois ? Ah mais ! Gardons-nous d'exhumer des concepts défunts, comme les idéologies qui les ont nourris. Ce n'était pas le "libéralisme", on s'en souvient, qui allait dans le sens de l'Histoire, mais la "société sans classes". On comprend pourquoi il a fallu décréter la "fin de l'histoire". L'Evolution, au moins, c'est naturel, comme les lois de l'économie. Qui osera donc discuter la Nature, Dieu, le Marché ? 

Le mot inéluctable, souvent associé à évolution est utilisé par les néo-libéraux pour signifier que les changements en cours ne peuvent pas être évités et qu'il ne sert à rien que le peuple ignare essaye de s'y opposer.
 

Opposer la minorité mal avisée contre l'unanimité bien pensante 
Communauté internationale : Toujours associée à empêcheurs de danser en rond (tels Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Fidel Castro). Contre ceux-ci (qui la défient), la Communauté internationale s'indigne, se mobilise, etc. 

La Communauté internationale représente les gouvernements du monde et leurs opinions publiques, à condition d'en ôter… l'Afrique, les pays musulmans, l'Inde, l'Indochine et l'Insulinde, la Chine, l'Amérique latine, l'ancienne U.R.S.S. 

Restent les pays anglophones et germanophones, le Japon, plus, sur des strapontins, quelques pays méditerranéens (avec un strapontin plus grand pour la France). S'agit-il de toute la population de ces pays ? Pas davantage. La communauté internationale, c'est l'opinion publique façonnée par les grands médias. Que reste-t-il comme précipité au fond de la cornue à l'issue de ces distillations (en France, par exemple) ? Deux chaînes de télévision, plus trois stations de radio, plus Le Monde, Le Figaro, Libération, L'Express, Le Point, Le Nouvel Observateur. 

Autre synonyme : pays étrangers.
 Opinion publique : Mesurée par les instituts de sondage, l'opinion publique pense que les services publics ou la protection sociales doivent être réformés. L'opinion publique c'est la majorité, c'est Dieu. Exit les conflits sociaux ou idéologiques. 

« Tout le monde le sait que » : Argument d'autorité employé par le Chroniqueur économiquement correct pour conférer la force de l'évidence à ses propos. 

Variantes : « tous les économistes le savent », « tous les politiques le reconnaissent », « tous les syndicalistes l'avouent ». En général, chez le Chroniqueur économiquement correct, les syndicalistes avouent en cachette ou sous le manteau.
 

Le pronom personnel « on » : Un des procédés stylistiques préférés du Chroniqueur économiquement correct est de commencer ses phrases par : « qu'on le veuille ou non ». Ce pronom [on] est trompeur, car la phrase vraiment pensée par est : « que vous le veuillez ou non ». S'incluant dans les auditeurs par le « on », il rend ce qui va suivre moins provocant à admettre puisque lui-même s'y soumet (ex. : qu'on le veuille ou non, « les Allemands ont gagné la guerre et il faut se soumettre aux conditions d'armistice »). Traduction en langage de l'an 2000 : «la mondialisation est irrésistible et, qu'on le veuille ou non, il faut se soumettre à ses conditions».

Corporatiste : Traduction : les salariés ne défendent pas des droits universels mais seulement leurs privilèges.
 

Représentativité : La lutte contre la mondialisation libérale est davantage le fait des associations – parfois informelles – que des partis ou des syndicats. Cela inquiète les Importants. Mais qui sont ces organisations ? Quelle est leur légitimité ? Qui représentent-elles ? Comment sont-elles élues ? Par qui sont elles reconnues ? Où est leur siège ? Leur banque ? Où sont leurs actionnaires ? Outre qu'il est plaisant que ces questionneurs ne s'interrogent ni sur la légitimité du Forum de Davos, ni sur celle de la société du Mont-Pèlerin, ni sur celle du Club de Bilderberg, ni sur celle de la Trilatérale, ni sur celles de Cato Institute ou d'Heritage Foundation, ni sur celle de ces officines qui se permettent de noter les Etats, on peut se rappeler que, entre 1940 et 1944, le haut commandement allemand, inquiet, pointait un doigt accusateur : mais qui sont ces résistants ? Quelle est leur légitimité ? Où est leur uniforme ? Où sont leurs officiers ? Où est leur Quartier général ? Où est leur artillerie ? Tels maîtres, telles questions

ANNEXE  18 Joue avec nous et réalise ces exercices de «désentubage» sémantique !
Le but est simple : il s'agit d'analysez ces déclarations en repérant les procédés ou caractéristiques propres à la novlangue libérale.

  1. « Il y a une « voie française » pour la réforme. J'en suis convaincu : c'est une voie qui n'est pas idéologique. L'idéologie conduit à l'impasse et à l'immobilisme. (Cette voie française) repose sur une équation que je résume ainsi : « Réforme = écoute + justice + fermeté » (…) Il faut que la réforme soit équitable et qu'à cette fin, elle repose sur des leviers de justice solides. » (Jean Pierre Raffarin Entretien au Figaro Magazine (6 septembre 2004)
« Il n'est pas acceptable que le progrès économique ne soit pas partagé par tous. (...) Ces difficultés, ces drames, cette fracture sociale qui menace de s'élargir en une fracture urbaine, ethnique et parfois même religieuse, ne sont pas des fatalités » (Le président de la République le 21 octobre 2003 à Valenciennes).

 

    1. ANNEXE  19 - Cours d'autodéfense intellectuelle : Quelques procédés rhétoriques
Type d'argument Exemples Objectif
1. L'argument d'autorité  Arguments faisant appel à une autorité intellectuelle, scientifique, économique, politique, journalistique … Recours fréquent à l'argument scientifique, à l'autorité du chiffre absolu (sans valeur) - « Selon le dernier rapport du FMI … » - « Mr Camdessus dit que … »  - « D'après le journal … » Impressionner
2. La généralisation abusive, le jugement sans nuance (à l'emporte pièce) - Il est évident que … - Tous les experts sont d'accord … - Chacun sait que … Faire entrer l'interlocuteur dans un cadre de réflexion pré-établi afin d'évacuer tout débat ou toute discussion sur ce cadre
3. L'effet de complexité ou de vitesse Il s'agit d'affirmer la complexité du réel, d'insister sur la vitesse des changements - Le problème des retraites est un problème techniquement complexe - Les frontières sociales se brouillent, les échanges et les mutations technologiques s'accélèrent … - Créer un brouillard occultant les grandes lignes de force à l'œuvre dans l'économie et la société - Eloigner le profane et créer un sentiment de découragement : « c'est trop compliqué pour vous », « les choses vont trop vite, on ne les maîtrise pas, donc on y peut rien »
4. L'argument de qualité Recours aux jugements qualitatifs ou moraux. On joue sur la confusion des registres entre morale, politique, religion, économie etc. Le discours jouxte les jugements de valeur (le bien, le mal)  - Attribution aux individus de vertus ou vices - On met sur un même plan des mots relevant de registres différents (exemple : l'équité qui contrairement à l'égalité n'est pas une notion économique)  - Connotation positive ou au contraire péjorative du vocabulaire - Il y a les bons et les mauvais pauvres  - Les riches ont mérité ce qu'ils ont car c'est le fruit de leur travail - L'impôt devient une confiscation par exemple et l'acquis social un privilège - Susciter la réprobation morale (les pauvres se complaisent dans leur pauvreté, volent la société…) - Légitimer les privilèges des classes dominantes - Faire intérioriser aux victimes de la mondialisation la responsabilité de leur échec - Dénoncer comme privilégiés les salariés les moins touchés et propager chez eux un sentiment de culpabilité
5. Les présomptionsArgument reposant sur des préjugés ou a priori - Le secteur privé est a priori productif, utile et efficace. le secteur public est improductif, inutile et inefficace. - Tout ce qui est économique ou marchand est a priori utile. Tout ce qui n'est pas économique ou marchand ne sert à rien. Jeter le discrédit ou au contraire mettre en valeur
6. Les arguments d'impuissance    
Les alternatives infernales - « Si je ne produit pas ça, d'autres le feront » - « Si je ne licencie pas, je ferme mon usine et plus d'emplois encore seront détruits » (Aussaresse torturait pour sauver des emplois) Engluer les individus dans un système de contradictions les rendant incapables de penser en dehors du cadre libéral (fatalisme, effet de démoralisation) Maquiller des choix politiques en fatalités, en lois naturelles (par définition insurmontables) pour mieux faire accepter l'inacceptable Disculper les responsables économiques ou politiques, cacher leur part de responsabilité et justifier l'inaction politique, le « laisser faire »
Les fatalités en tout genre Tout ce sur quoi l'individu n'a pas prise et qui est indépendant de sa volonté (les lois naturelles, les déterminismes économiques, sociaux, historiques, etc.) - C'est la faute à la mondialisation, à l'Europe (en 1997, la gauche était au pouvoir dans 13 pays sur 15, au sein de l'Union européenne) - Ce sont les lois de la concurrence.  - Il faut bien « satisfaire » les marchés - C'est la « nature humaine » - Il y a toujours eu des riches et des pauvres
7. L'argument du pas assez Expliquer un constat gênant par le fait que l'on ne s'est pas assez rapproché du modèle, qu'on n'est pas allé assez loin dans la réforme - S'il y a des Krachs, c'est parce que les marchés financiers ne sont pas assez efficients  - Si c'est la crise c'est parce qu'on est pas allé assez loin dans les réformes Si la réalité n'est pas convenable, il faut se rapprocher du modèle. Autrement dit : ce n'est pas ma théorie qui est fausse mais la réalité !
8. Les arguments quasi - logique Il s'agit de donner l'apparence de la cohérence, de la démonstration logique à un discours qui ne l'est pas    
Les fausses causalités - L'explication par les effets pervers  - « S'il y a du chômage c'est à cause des salariés qui exigent des salaires trop élevés »  - « S'il y a de la pauvreté c'est à cause des allocations destinées à réduire la pauvreté » etc. Tromper l'interlocuteur sur l'explication d'un phénomène Transformer les victimes en responsables
 

 

NOUVEAU : LA DETTE N'EST PAS UNE FATALITÉ, MÊMES POLITIQUES MÊMES EFFETS, D'AUTRES EN SONT SORTIS SANS DETRUIRE LA POLITIQUE SOCIALE!

 

L'EXEMPLE DE L'EQUATEUR : Comment l’Equateur s’est libéré de la dette


La dette et la soumission des Etats aux banques qu'elle entraîne n'ont rien d'une fatalité. Plusieurs peuples latino-américains s'en sont affranchis avec succès. C'est notamment le cas de l'Argentine, du Venezuela et de l'Equateur. Nous expliquons ici comment le gouvernement Correa s'y est pris en Equateur pour faire passer la dette de 24 % à 11 % du PIB sans faire payer le peuple.

I. Lien entre l'arrivée au pouvoir de Correa et la lutte contre la dette illégitime

Pour comprendre la dynamique de l'audit intégral de la dette publique en Équateur, il faut revenir sur le poids qui représentait le service de la dette dans l'économie équatorienne et sur le rôle important que la lutte contre cette dette illégitime a joué dans l'arrivée de Correa au pouvoir.

a) La dette Publique en Équateur avant l'audit

La dette publique contractée par les dictatures des années 70 en Équateur (1976-1979) n'a pas cessé de s'accroitre entre 1970 et 2007. Pendant cette période, l'État équatorien a remboursé 172 fois le montant de la dette de 1970 1 mais le volume de cette dette a été multiplié par 53.

Un exemple qui montre l'ampleur du transfert de fonds publics équatoriens vers le système financier privé : entre 1990 et 2007, la Banque Mondiale (à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement – BIRD) a prêté 1,44 Milliards de US$ à l'Équateur alors que celui-ci lui a remboursé 2,51 Milliards de US$ (transfert net donc d'environ1,07 Milliards de dollars uniquement avec la Banque Mondiale).

Depuis les années 80 et jusqu'en 2005, le service de la dette représentait environ le 50% du budget de l'état (entre 3 et 4 milliards de US$ par an) alors que les dépenses en santé étaient d'environ 4% (autour de 400 millions de US$)2.

Comme en Grèce, la dette a été l'outil du FMI mais aussi de la Banque Mondiale pour imposer les plans d'austérité, les privatisations et les reformes structurelles (qui sont allées jusqu'à modifier la constitution équatorienne à plusieurs reprises). Cela prenait à chaque fois la forme de « lettres d'intention » (sorte de contrat qui fixait la feuille de route des reformes à mettre en place) que l'Équateur signait pour avoir accès à des prêts auprès de ces deux organismes au fur et à mesure que les mesure prévues dans celles-ci devenait effectives.

Évidemment cela a impliqué une énorme instabilité politique liée aux forts mouvements sociaux du pays, le peuple ne voulant pas accepter les différents plans austérité qui se succédaient sans fin, ainsi entre 1997 et 2007 l'Equateur a connu 7 présidents différents (trois renversés par des manifestation populaires: Abdala Bucaram, Jamil Mahauad et Lucio Gutierrez).

A chaque moment de instabilité, le FMI et la Banque Mondiale en profitaient pour restructurer la dette : à plusieurs reprises, la restructuration de la dette s'est faite en souscrivant un nouvel emprunt couvrant la totalité de l'ancienne dette, ce nouvel emprunt ayant des clauses et des conditions chaque fois plus difficiles à assumer par l'Équateur (cf ANNEXE I. Histoire de la construction de la dette équatorienne). Profitant ainsi faire signer des nouvelles lettres d'intention (les prix sur le marché secondaire des titres de la dette baissaient à cause de la instabilité politique).

b) L'arrivée au pouvoir de Correa et le lien à la lutte contre la dette

Suite au soulèvement populaire qui a mené à la destitution de Président Lucio Gutiérrez (auto-proclamé le meilleur allié de Bush!!), le 20 avril 2005, un gouvernement de transition se met en place, le vice-président de l'époque, Alfredo Palacio devient alors le nouveau Président de l'Équateur. Rafael Correa est nommé alors Ministre d'économie et des finances.

Très vite il va critiquer les projets de Traité de Libre Commerce (TLC), mais surtout il décide de s'attaquer au FEIREP (Fondo de Estabilización, Inversión y Reducción del Endeudamiento Público – Fond de Stabilisation, Investissement et Réduction de l'Endettement Public). Il s'agit d'un fond mis en place en 2002, sous la pression du FMI, par la « Loi organique de Responsabilité, Stabilisation et Transparence Fiscale ».

Ce fond, destiné à gérer les revenus issus de l'exploitation du pétrole (axe principal de l'économie équatorienne) stipulait que le 70% des revenus pétroliers devaient être destinés au service de la dette publique (paiement de la dette et achat/vente des titres pour maintenir un prix élevé de ceux-ci), 20% devait servir à la stabilisation du prix du pétrole et 10% devait être destiné à l'investissement social.

Correa veut faire changer la loi et mettre 80% des revenus pétroliers au service de l'investissement social (éducation, santé, création d'emplois…) et uniquement 20% au service du paiement de la dette. La Banque Mondiale menace alors de ne plus prêter de l'argent à l'Équateur si une telle loi était votée.

N'ayant pas le soutien du président Palacio, Rafael Correa a préféré démissionner (il n'est resté que quatre mois au gouvernement) que se plier à la Banque Mondiale. Ceci devient le premier pas de la marche qui le mènera jusqu'à la présidence de la République.

II. La Commission pour l'Audit Integral de la dette Publique (CAIC – Comision para la Auditoria Integral del Crédito Publico)

Correa prend ses fonctions le 15 janvier 2007. Il réduit tout de suite le poids du service de la dette dans le budget de l'État à 25% (il était de 47% en 2006). 3 Le 9 jullet 2007, Rafael Corea crée par un décret présidentiel, la Commission pour l'Audit Intégral de l'Endettement Public (Comisión para la Auditoría Integral del Crédito Público –CAIC ).

La définition de l' « Audit Intégral » dans ce décret est la suivante:

« Action fiscale orienté vers l'examen et l'évaluation du processus de contractualisation et/ou renégociation de la dette publique, l'usage de ces ressources et l'exécution des programmes et projets avec financement externe, avec le but de déterminer sa légitimité, transparence, qualité, efficacité, efficience, considérant les aspects légaux, économiques, sociaux, de genre, régionaux, écologiques et des nationalités et peuples ».

La commission était conformée par 12 membres issus des mouvements sociaux et des ONG équatoriens et 6 membres issus de campagnes internationales pour l'annulation de la dette du tiers-monde et 4 représentants de l'État (Ministère de « Hacienda », Tribunal des Comptes, Commission anti-corruption et l'administration fiscale).

Cette commission s'est réunie pour la première fois le 23 juillet 2007 et elle a rendu son rapport final au président Correa le 23 septembre 2008 et au public le 20 novembre 2008. L'assemblée constituante, qui se réunit à partir du 30 septembre 2007 travaillera de très près avec la CAIC (Alberto Acosta, présidente de l'assemblée constituante état l'ancien leader du mouvement pour l'annulation de la dette), ce qui aboutira à la rédaction de plusieurs clauses sur la dette publique dans la nouvelle constitution (cf annexe II).

L’audit équatorienne a commencé par une enquête sur tous les documents concernant les obligations émises par l’Etat («contrat d’obligations», «contrat d'agence», «contrat de garantie", les fichiers joints, les conditions…).

Cette analyse a mis en lumière de nombreuses clauses illégitimes :

Anticipation des échéances pour la totalité des remboursements de la dette en cas de défaut de paiement
Révocation de la souveraineté
Contrainte du Procureur général à signer dans le sens de la demande des créanciers
Contrats empiétant sur les lois et la Constitution du pays
Déclaration dans laquelle les parties affirment que le contrat ne viole aucune loi du pays, et qu’en cas d’illégitimité, il ne peut pas être contesté

De plus, en procédant à des simulations de paiement sans intérêt, cet audit a explicité les mécanismes qui génèrent la dette publique.

D’autre part, l’audit de la dette a dévoilé instrumentalisation juridique de la nation au profit des banques privées.

Ainsi la loi de « responsabilité fiscale » avait permis de donner le privilège du paiement de la dette publique avant toute autre dépense publique, limitant ainsi toute dépense sociale et ne fixant aucune limite pour le cout de la politique monétaire. »

Le rapport de la commission juge que la totalité de la dette commerciale de l'Équateur est illégale et/ou illégitime. Ainsi, à partir de novembre 2008 Rafel Correa suspend le paiement d'une grande partie de la dette (il se déclare en « default », c'est à dire moratoire pour tous les bonds Global 2012 et Global 2030 qui représentent le 85% de sa dette commerciale).
Au total, Le gouvernement équatorien refuse de payer le 70% des bonds de la dette équatorienne, jugés illégitimes. Leur valeur va alors chuter d'environ 80% dans le marché secondaire. L'équateur va alors utiliser 800 millions de US$ pour acheter des bonds pour 3 Milliards de sa propre dette (cela signifie pour le pays une économie totale de 7 Milliards de US$).

En 2006, la dette publique externe était de 10,2 Milliards de US$ et représentait le 24% du PIB. En mars 2010 son montant était de 8,68 Milliards de US$, ce qui représentait le 15% du PIB. Selon, Piedad Mancero, économiste membre de la CAIC, les prévisions pour le service de la dette en 2011 seraient de 11,7% du budget de l'État (le budget 2011 est 23,9 Milliards de US$).

Aujourd'hui l'Équateur n'a plus recours au marché international de la dette dont les agences de notation lui ont coupé l'accès. C'est pour cette raison que l'Équateur est un des moteurs principaux de la Banque du Sud et la nouvelle architecture financière qu'elle propose. La construction d'une nouvelle intégration Régionale Latino-américaine est la seule perspective possible pour que l'Équateur ne voit pas revenir les dangers de l'endettement à nouveau.





1 Dette publique extérieure en 70: 195 Millions US$ – Source: Banque Mondiale (Global Development Finance 2007)
2 Dette publique externe en 3 juillet 2007: 10,4 Milliards US$ – Source Ministère Économie et Finances Équatorien, Willian Hugo Arias Palácios, coordinateur de l'Audit sur a dette Commerciale de l'Equateur (dans film documentaire « Debtocracy »)
3 Rapport de la Commission pour l'Audit Integral de la Dette Publique (CAIC)

http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/comment-lequateur-sest-libere-de-la-dette/